Home L'INVITE Nzodjou Fotsing : « on ne peut pas construire une nation avec des drogués»

Nzodjou Fotsing : « on ne peut pas construire une nation avec des drogués»

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Sociologue et écrivain, il pose un regard critique sur la position du gouvernement camerounais sur la consommation des drogues, et pense que l’éradication de ce fléau se trouve au niveau de l’éducation. 

 Le ministre de la Communication a donné ce lundi à Yaoundé la position du gouvernement sur la culture, la commercialisation et consommation des drogues. On parle dans la foulée de l’application stricte et rigoureuse du cadre réglementaire. Quelle peut-être selon vous l’opportunité d’une telle mesure dans notre contexte actuel?

Il faut déjà saluer la volonté du gouvernement de vouloir régler cette gangrène qui tue la jeunesse et détruit son avenir. Mais la question existentielle est de savoir s’il ne s’agit encore là que des paroles ?  Nous savons que le gouvernement a plusieurs fois pris des décisions qu’il n’a pas par la suite pris la peine de se rassurer de son application. La culture devrait être purement et simplement interdite tout comme la consommation. On ne peut pas construire une nation avec des drogués.

 Le porte-parole du gouvernement indique aussi que les jeunes enrôlés   dans le Nord-ouest et le Sud-ouest du pays, ainsi que des jeunes dans l’Extrême-nord sont les premières cibles de consommation des drogues et font des abus sur la population. A qui la faute dans ce cas?

Qui sont les responsables serait la question importante dans la mesure où nous sommes tous impliqués. À la base, les familles devraient éduquer les enfants en fonction des dangers qui pullulent la société. De l’autre côté, le gouvernement a la responsabilité d’encadrer, de protéger et d’éduquer les enfants. Ce qui n’est pas souvent le cas car nous pouvons remarquer au-delà de la situation des enfants drogués dans les zones de crise, un autre phénomène qui grandit dans les villes.” la consommation du tramol par les moto-taximen’’, c’est devenu une mode, on les reconnaît à travers le port des costauds vêtements d’hiver.

Que fait le gouvernement pour stopper cela lorsque nous savons que ces jeunes sont abandonnés à eux-mêmes, sans véritable éducation, sans conscience et parfois ignorants des risques ? La faute revient directement par échelle à l’État, à la famille et aux victimes eux-mêmes.

Pourquoi est ce que les mécanismes misent  sur pied par l’Etat pour lutter contre le phénomène ne prospèrent pas?

Ces mécanismes ne peuvent pas marcher puisqu’ils ne sont pas construits sur une réelle volonté de mettre fin. La lutte contre la consommation de la drogue ne doit pas être spontanée. Elle doit être perçue comme un véritable projet gouvernemental. Elle doit aller de l’éducation à la pénalisation. L’état lui se limite juste à constater le problème sans vouloir résoudre à fond. L’abandon de la jeunesse à elle-même est la première cause, et l’Etat devrait savoir qu’on ne peut pas effectivement lutter contre le tribalisme sans une véritable politique pour la jeunesse.

Qu’est ce qui explique l’addition des jeunes à ces drogues?

Les premières raisons sont la pauvreté et la vulnérabilité. Il est très difficile d’éduquer et de contrôler un peuple qui a faim. Dans les zones de conflits, les drogues permettent aux jeunes enrôlés de prendre le courage et de se lancer dans les exactions sans état d’âme. Dans les quartiers pauvres du pays, l’oisiveté et la vulnérabilité poussent le plus souvent les jeunes à la consommation de la drogue, ce qui, selon eux, leur permet, tout comme l’alcool, d’oublier les difficultés de la vie.

Comment y mettre fin alors?

La solution se trouve dans l’éducation, le respect des mesures proscrites par le gouvernement et la diminution,  voir l’arrêt de la circulation de la drogue. L’État doit en faire tout un projet puisque l’avenir de notre société en dépend.

 

Propos recueillis par Armand-Rodolphe Djaleu 

 

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