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Louis Marie Kakdeu:”Kamto a lui-même fabriqué le système qui l’engloutit de nos jours de l’époque où il séjournait au gouvernement”

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L'Etat voulait probablement bien faire mais, il s'est gravement trompé. Le Cameroun de 2019 est un pays dans lequel les plus intelligents n'avaient pas été orientés vers l'entrepreneuriat, la technique et la technologie, et donc vers l'innovation.

Je ne suis pas neutre du tout. Pas du tout. Le seul problème est que je ne soutiens pas Kamto. Il y avait trois raisons essentielles. Il n’en reste que deux.

L’on a pu voir en octobre dernier que Kamto s’était fait violence et avait un peu amélioré son caractère jugé condescendant. C’était positif. D’où la nécessité des critiques constructives. Alerte aux griots ! Ce pays est aussi à genou à cause des griots qui entourent Biya et qui applaudissent tout ce qu’il fait sans lui dire des vérités.

La principale critique est que Kamto n’a pas de camp. Or, l’on ne peut pas faire la politique de haut niveau sans avoir un camp. L’opposition n’est pas un camp pour la simple raison qu’il n’y aura jamais une seule opposition. Il existe en Afrique aujourd’hui deux camps : Le camp des néo-colons (peau noire masque blanc) à travers qui le colon continue de nous piller en expliquant aux citoyens du monde que la décision revient aux Africains et le camp des Résistants africains qui s’opposent à la néocolonisation et qui se battent pour une Seconde Indépendance des pays Africains. Nous évitons les terminologies de panafricanisme et de nationalisme africain qui ont été considérablement édulcorés.

La résistance africaine a été formalisée en Côte d’Ivoire au sein d’un Conseil pour la résistance et la démocratie (CNRD) placé sous la responsabilité de l’écrivain et Doyen Bernard B. Dadié. Le CNRD a créé un Mouvement de solidarité pour Laurent Gbagbo dont je suis l’un des vice-présidents. Il est composé des personnalités de la société civile et des hommes politiques. Au-delà de la Côte d’Ivoire, on y retrouve ouvertement des anciens chefs d’Etat et de gouvernement qui ont eu à diriger nos pays et qui ont une meilleure connaissance des dossiers. Beaucoup de chefs d’Etat soutiennent ce mouvement sans s’afficher pour des raisons diplomatiques.

1. Laurent Gbagbo était l’initiateur du mouvement à l’époque où il était au pouvoir. Un tel mouvement pouvait permettre de former l’opinion et de développer des idées ou de poser des actions qu’un Chef de l’Etat, garant des intérêts en présence, peut être limité de faire. Maurice Kamto et Alain Fogué, principaux responsables du MRC, ne soutiennent pas la résistance africaine. En 2019, leur modèle reste Ouattara, le néo-colon. Même après la honte que Ouattara nous a foutue sur le perron de l’Elysée au sujet du CFA et qui a valu la réplique immédiate d’un autre chef d’Etat comme celui du Ghana, pays aujourd’hui libre et prospère, (ce qui est rare et très significatif sur le plan diplomatique), nos « libérateurs camerounais » continuent de soutenir Ouattara.

Lorsque nous étions sous la bombe des néo-colons, nos amis soutenaient Ouattara et Soro. Les Nyamsi nous ont fait traquer et détruire en Côte d’Ivoire. Il faut qu’ils nous disent aujourd’hui qui de Soro et de Ouattara ils soutiennent. Soro et Bédié disent aujourd’hui s’être trompés. Il faut que Kamto le dise aussi. Tous les grands juristes Camerounais ont proposé leurs expertises pour défendre Gbagbo à La Haye sauf Kamto et ses amis. Le système néocolonial a été déconstruit à La Haye sans le soutien de notre juriste international.

Il a préféré mettre son expertise à la défense d’un système patrimonial comme celui de la Guinée équatoriale, ce qui ne lui confère pas, en retour, le soutien des néo-colons comme Ouattara. Finalement, on se demande ce que Kamto veut dans sa vie politique : il dit être avec Ouattara d’une part et il combat les maîtres de Ouattara d’autre part. Non, la politique ne fonctionne pas ainsi. Il n’aura que le soutien réel des innocents qui le suivent (souvent de bonne foi) et de sa corporation des avocats. Ne soyez pas naïfs : les déclarations des Américains et de l’UE ne sont que du vent : Les relations internationales fonctionnent sur la base de la RealPolitik (prédominance des intérêts économiques sur les droits humains).

Les néo-colons ne chasseront pas leur suppôt du pouvoir pour installer un nationaliste. Si Kamto veut le soutien de la Communauté internationale, il devra clairement choisir ce camp comme son ami au Venezuela. Cela passe par le sacrifice des nationalistes qui l’entourent et l’abandon des dossiers comme ceux de la Guinée équatoriale qu’il a gagné contre l’Etat français. A défaut, il conduit la foule à l’abattoir. Vous ne pouvez pas aller en guerre sans avoir une base arrière, c’est-à-dire un terrain/pays de replis. C’est une exigence de base. Le 26 janvier 2019, le lion a été blessé. Vous ne pouvez pas rester dans sa gueule. Il fallait au moins que les cerveaux de la « résistance » fuient le pays.

La résistance n’a pas pu être réussie en Côte d’Ivoire sans l’exil dans un pays sûr comme le Ghana. Je peux vous rassurer que la prison de Ouattara et de Soro était plus lugubre avec la bénédiction de la Communauté internationale qui ne condamnait que du bout de lèvres. Si vous n’allez pas en exil, le mouvement prendra un coup en prison. Vous devez savoir que le maintien de l’ordre ou la guerre fonctionnent selon des techniques bien codifiées. Si l’on prend les généraux, les soldats se rendent. Si l’on prend les meneurs, la foule se disperse. Tous les cerveaux du MRC sont en prison, ce qui a été une erreur stratégique. Me Ndocki a cherché à fuir tardivement. D’ailleurs, elle aurait été arrêtée et extradée au Nigéria qui n’est pas un pays ami de la résistance. Qui mobilisera les troupes ? Plus les meneurs durent en prison, plus le mouvement prend un coup.

La foule/la troupe a besoin des ordres et l’émergence d’un nouveau leader charismatique n’est pas facile. Dans le système Biya actuel, seule deux choses peut les libérer : soit ils pactisent avec les néo-colons pour avoir une mobilisation internationale comme au Venezuela, soit ils pactisent avec Biya afin que sa propagande puisse dire que « c’est grâce à la magnanimité du Chef de l’Etat » qu’ils ont été libérés. Suivez mon regard pendant la libération des prisonniers anglophones et dites-moi où se trouvent les leaders libérés comme Agbor Balla. Ceux qui ont refusé le pacte comme Bibixy sont encore en prison. Sous Biya, c’est l’organisation pyramidale du clientélisme politique pour la conservation du pouvoir. Tous les réseaux de clientèle remontent à lui. C’est le « créateur » qui dispose seul de la capacité de faire et de défaire. En attendant qu’il se décide, Kamto aura difficilement le soutien de la résistance africaine et des réseaux existants au Cameroun pour la simple raison qu’on ne lui fait pas confiance.

2. La deuxième raison est que Kamto a lui-même fabriqué le système qui l’engloutit de nos jours de l’époque où il séjournait au gouvernement. Sous Biya et à Kondengui, l’essentiel des prisonniers politiques sont les concepteurs du système Biya et ce, depuis Titus Edzoa. Biya a tiré beaucoup de leçons de la résistance de Gbagbo pour fermer son système. Le cas le plus frappant avait été la modification du code électoral camerounais en 2011 pour retirer à la commission électorale la possibilité de proclamer les résultats. Tous ceux qui ont résisté au Cameroun entre 2008 et 2011(bref après la victoire sur le dossier Bakassi) ont de la peine à soutenir Kamto car, il faisait partie des bourreaux identifiés de l’Etat sécuritaire. Pire, il a gagné de l’argent à travers son cabinet Brain Trust pour fermer honteusement le système. Je connais le débat sur ce sujet mais, la politique en 2019 requiert un minimum d’honnêteté intellectuelle. Nous sommes tous promoteurs de cabinet et connaissons le type de montage que l’on fait pour gagner des marchés publics au Cameroun. C’est notre histoire et c’est notre pays. En tout cas, pour ceux qui font des marchés publics. Les consultants sérieux ne répondent pas aux appels d’offre publics. Le code pénal du Cameroun fait partie des plus fermés du monde (voici un article plus complet sur le sujet: http://www.libreafrique.org/Kakdeu-derive-Etat-securitaire-…). Vous allez convoquer tous les « avocatiers » du monde et ils n’auront pas gain de cause aussi longtemps que des lois comme celles-là sont encore en vigueur. Et Kamto ne nous promet pas de les abolir une fois arrivé au pouvoir. Pour faire simple, nous vivons sous le régime de la tolérance : 5 personnes n’ont pas le droit de marcher ensemble au Cameroun. Ce n’est pas seulement interdit. C’est pénalisé (peine de prison). Non seulement c’est pénalisé mais, la peine est doublée si vous « résistez » à une seule sommation des forces de l’ordre. Donc, ne dites pas que vous marchiez seulement et on vous a arrêtés. C’est la loi. Et c’est un cabinet qui a gagné de l’argent pour proposer cette loi. En France où les lois portent les noms des initiateurs, cette loi liberticide porterait le nom de Kamto en tant que cabinet et en tant que ministre de tutelle. Quel diable l’avait animé pour qu’il valide une telle aberration ? Il voulait tuer la résistance parce qu’il travaillait pour l’éternisation de Biya au pouvoir ; sauf que de nos jours, c’est lui-même qui est frappé par sa propre loi. Les Résistants qui étaient ciblés à l’époque où le code pénal et autres lois anti-terroristes étaient rédigés ne le soutiendront pas. Il n’a qu’à subir ce qu’il voulait faire subir aux autres. C’est la loi de la nature : ne jamais penser du mal des gens !

Moralité : « Sois le meilleur de toi où que tu sois », le disait Martin Luther King. Si tu es balayeur de rue, fais-le bien. Fais-le dans l’intérêt public. On ne sait jamais ce que le lendemain nous réserve. Aujourd’hui, vous êtes au pouvoir ; demain vous pouvez vous retrouver dans l’opposition. Faites bien ce que vous avez à faire pour le bien de tous ! Les prisonniers politiques aujourd’hui en prison sont mieux placés pour confirmer. Je me demande bien comment Mebe Ngo’o sera accueilli par Mebara ou Olanguena. Je leur souhaite beaucoup de sens de tolérance et de philosophie. Quoi qu’il en soit, il faut savoir se repentir. C’est le minimum de l’honnêteté intellectuelle que nous devons au peuple. Soro risque d’être mieux soutenu par l’ensemble des Africains que Kamto. Soro reconnaît sa part de responsabilité. Et ce temps de repentance est propice pour cela.
Bon carême aux chrétiens !

Louis Marie Kakdeu

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