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Louis Marie Kakdeu:”Ce ne sont pas les occasions de faire tomber Biya qui ont manqué pendant les 10 dernières années”

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Ceci est mon dernier post politique à charge. Je reprends ma route. Mais, je veux une dernière pour la route. Je suis bien conscient que mes posts à charge irritent certaines personnes. Malheureusement, nous ne pouvons pas subir le dictât de l’ordre dominant comme sous le régime en place !

En démocratie, la critique est l’exercice du droit de regard du citoyen. La critique permet d’améliorer. On peut voir par exemple que le MRC communique mieux. C’est bien ! Il fallait prendre ses distances des voyous. En République, les anarchistes ne conduisent pas au pouvoir. Ils conduisent les leaders en prison dans la mesure où tout n’est pas permis.


Pourquoi je sors en ce moment précis après un an et demi de silence politique ? Lorsque vous voyez des experts entrer en brousse, vous doutez de leurs intentions réelles. Par exemple, vous ne demandez pas la libération d’un prisonnier politique par l’application de loi ; la loi est liberticide. Vous obtenez la libération d’un prisonnier politique par la pression. Ce ne sont pas les avocats qui disent la loi ; c’est le juge. Dans un système non-démocratique, le juge reçoit ses instructions du politique. Il les respectera malgré la qualité des avocats. Il ne faut pas perdre le temps au peuple. Il faut agir là où il faut. Si vous mettez 10000 personnes dans la rue de Yaoundé à 10heures, vous obtiendrez le compromis nécessaire pour libérer vos prisonniers avant 18 heures. Il ne faut pas balader les gens. L’ascension politique ne se fait pas avec les avocatiers. L’ascension politique se fait avec les communicants. Ils vont bâtir votre image désirée. Bref….
Lorsqu’un expert commence à vous dire que 32 est égal à 500, alors il faut se méfier. Dans chaque discipline, il y a des connaissances élémentaires qu’un professeur ne peut ne pas maîtriser. Il y a des erreurs que les experts ne commettent pas. S’ils le commettent, alors ce serait parce qu’ils ont un objectif inavoué.


Ce ne sont pas les occasions de faire tomber Biya qui ont manqué pendant les 10 dernières années. Ce sont les leaders d’opinion qui ont sauvé Biya et noyé l’espoir du peuple. Nous ne pouvons pas envier l’Algérie, le Burkina, la Tunisie, etc. Nous avons eu nos propres occasions qui n’ont toujours pas abouti. L’affaire du bébé de Vanessa aurait pu faire tomber le régime. Le peuple tout entier avait été ému. Mais, ce sont les leaders qui ont enterré la cause. On peut citer les émeutes de la faim, l’affaire Koumatekel, la catastrophe d’Eséka, etc. Pour le dernier cas, je me rappelle que Valsero avait composé un pamphlet pour accompagner la mobilisation. Le peuple avait aimé « 33 ans… » ; il aurait adoré celui-là ! Il n’a jamais pu diffuser et ce, à temps ! La censure ne venait pas directement du régime. C’était consternant !


Quiconque a mis pied dans un cours de communication sait que l’attention est un jeu à somme nulle. Pour faire simple, elle bascule à gauche ou à droite. Si vous ne la retenez pas à gauche, elle ira à droite et vice-versa. La stratégie consiste à captiver et à maintenir l’attention de votre côté. Entre opposition et pouvoir, c’est ce jeu qui se joue. L’attention est le socle de la communication. Lorsque vous l’avez de votre côté, il faut l’utiliser à fond. Il peut être difficile de voir comment les experts laissent basculer l’attention dans le camp adverse. Mieux en politique, lorsque vous avez le rapport de forces favorable, vous en profitez pour assommer votre adversaire. Le problème au Cameroun est que lorsque le peuple dispose d’un rapport de forces favorable, les leaders le laissent basculer dans le camp adverse, préférant brandir la stratégie de la victimisation. Pour faire simple : vous avez le pouvoir en main ; au lieu de le prendre, vous préférer le laisser tomber pour vous victimiser après ?


En 2017, le peuple avait le rapport de force favorable au NoSo. Ceux qui tenaient lieu de leaders ont refusé de traverser le Moungo pour arriver à Yaoundé. Aujourd’hui, ils peuvent brûler tout le NoSo que Yaoundé resterait imperturbable. Ils se victimisent mais, c’est inutile. Question : comment le plus fort peut-il se retrouver en train de supplier? Le 26 janvier 2019, le peuple a encore eu le rapport de force favorable. A 18 heures, les institutions tombaient déjà en Europe et il fallait juste continuer pour que ça tombe aussi au pays. Mais, personne n’a donné le mot d’ordre de continuer, favorisant la tombée de la fièvre des manifestants. Au contraire, ils ont attendu plusieurs jours pour aller déjeuner ensemble à Douala et se faire arrêter afin de se victimiser. En Algérie, le peuple indigné a continué à pousser. C’est pour cela qu’il a eu gain de cause. Au Cameroun, la fièvre retombe toujours. C’est parce que le régime est parmi nous. Et ceux qui représentent le régime parmi nous font tout sauf ce qu’il faut faire. C’est comme l’aide au développement : on finance tout sauf ce qu’il faut financer pour lutter contre la pauvreté. Et chaque année, on investit un peu plus pour nourrir les coopérants mais, la pauvreté progresse en galopant !


Comment se comportent ces gens parmi nous ? Ils sont les plus radicaux. Il ne faut quand même pas qu’on les soupçonne ! Sauf qu’ils sont tellement radicaux que ça frise le ridicule ! Ils sont là toujours à saccager, à créer des guerres de leadership. L’objectif est que rien de bien ne se construit. Ils sont là toujours à créer l’amalgame. Il ne faut pas de clarté et de transparence. La mafia ne prospère que dans le flou, le désordre. Ils sont là à s’attaquer à toutes les personnalités morales et autres icônes. Ils doivent être les seuls vertueux. En fait, il leur faut canaliser l’attention du peuple pour mieux la dérouter au virage décisif. On n’a jamais réussi à prendre le dernier virage qui mène à Biya. C’est pour cela qu’il est toujours au pouvoir.


Vous voulez soutenir Kamto ? Les radicaux qui prétendent travailler pour lui expliqueront qu’il a été arrêté parce qu’il est Bamiléké. Ils savent bien que cela dessert sa cause mais, l’objectif est de le réduire à un leader ethnique. Ils savent qu’il faut ratisser large pour gagner mais, ils travailleront à lancer la fatwa contre tous les autres leaders représentatifs. Ils savent très bien que c’est pour tuer toutes les chances de coalition. Dans le monde entier, on flatte les partenaires. Au Cameroun, on les insulte. Dans le monde entier, on flatte l’armée et les forces de l’ordre. On enseigne même qu’il faut leur apporter des fleurs, de l’eau, du pain, etc. Au Cameroun, on les insulte sachant bien que l’on ne peut rien réussir sans le soutien de l’armée. Le régime ne pouvait que céder en Algérie car, l’armée avait déjà été frappée d’empathie. Au Cameroun, on sait très bien que le repli identitaire desservira la cause mais, on l’attise quand même. Entre nous, à qui profite le crime ?


Mon problème est que je ne fais pas confiance à Kamto lui-même. Kamto n’est pas un apprenant. Il y a des erreurs que les experts ne commettent pas. Je l’ai zappé le soir où j’ai vu au journal télévisé qu’il avait synchronisé le dépôt de sa candidature avec Paul Biya : Le MRC et le RPDC étaient allés déposer ensemble leurs candidatures comme de vrais complices. En fait, le MRC avait légitimé la nième candidature de Paul Biya en 2018 alors que cela aurait pu faire l’objet d’un vrai sujet de contestation populaire. C’était fini ! Paul Biya et son opposant étaient candidats ! Plus possible de s’opposer aux élections ; les résultats étaient pourtant connus d’avance ; les dés étaient pipés et le MRC le savait. Quel était l’objectif du MRC en s’affichant avec le RDPC ? Détrôner le SDF ou gagner le RDPC ? Supposons que c’était une coïncidence et passons ! Mais, imaginez en Algérie le principal opposant en train d’aller déposer sa candidature avec Bouteflika. Il aurait légitimé le cinquième mandat de ce dernier et la mobilisation n’aurait rien donné. Tout ce que nous apprécions ailleurs pouvait se passer chez nous. Mais, certains de nos leaders font tout sauf ce qu’il faut faire. Et pourtant, ils sont professeurs ! On ne saurait dire qu’ils ne savaient pas.
Le régime les tient tous. C’est ce que j’ai compris. C’est un autre sujet.


J’ai aussi compris que mieux vaux cultiver son champ en attendant que le régime tombe de sa propre mort. Il a trop duré et il tient beaucoup de personnes à beaucoup de niveau. Le gens se sont compromis et souvent sans le savoir. On vous le rappelle lorsque vous levez la tête. Les services de renseignement travaillent à mouiller tout le monde. Et comme avait chanté l’artiste, « il n’y a pas de mouillé-sec ».


Pourquoi je réagis maintenant ? Je ne veux pas être complice de la conduite du peuple à l’abattoir. Tout le monde sait que Biya passera bientôt. Pourquoi emprunter un chemin qui conduit au pogrom alors que l’on n’est pas sérieux ? Le populisme identitaire conduit toujours au pogrom. Vous allez accusez la génération 1990 d’avoir collaboré avec le régime ? Mais au moins, ils n’ont causé aucun crime contre l’humanité. La folie actuelle nous conduit droit au cimetière. C’est à chacun et à sa conscience de réagir. J’ai dit ma part et je l’assume !


Louis Marie Kakdeu

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