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Les objets connectés de confiance : quelles perspectives pour le Cameroun ?

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Au quotidien, nous sommes de plus en plus familiers aux nouveaux objets qui font désormais partie de notre écosystème. Ces objets qui interagissent avec notre environnement ont de plus un effet positif et négatif sur nos comportements et de manière globale notre environnement.

Ces objets connectés sont aussi appelés objets communicants. Les produits connectés les plus populaires auprès des consommateurs sont les smartphones, les consoles de jeux vidéo, les télévisions connectées, les traqueurs d’activité, les thermostats, les jouets, les cartes magnétiques, les cartes bancaires, les caméras, les ampoules connectées, les tapis de yoga connectés, les frigos connectés, les véhicules et des maisons intelligentes. Ces appareils sont capables de recueillir et d’analyser les données des utilisateurs et de les transmettre à d’autres dispositifs connectés dans un réseau. Ces réseaux de produits connectés sont ce que l’on appelle l’Internet des Objets.

Un objet connecté est un dispositif pouvant communiquer et disposant d’une unité de calcul pour le traitement, des périphériques de communication et des capteurs et actionneurs comme périphérique d’entrées-sorties. L’exemple suivant proposer par Inès Chouk peut nous permettre d’illustrer cette définition. Une montre (avec ses composants physiques) devient un objet connecté si elle est dotée d’une fonctionnalité pour accéder à internet ou à d’autres objets (des composants de connectivité) et d’un système qui lui permet en plus de stocker et d’analyser les données pour lancer des actions comme l’envoi d’alertes ou pour aider à la prise de décision (des composants d’intelligence) .

Chez soi, les systèmes de sécurité connectés rassemblent des caméras, des verrous et des capteurs de mouvement sans fil. Si ces dispositifs enregistrent une activité inhabituelle, ils peuvent transmettre des alertes aux habitants de la maison par l’intermédiaire de leur smartphone. Selon les estimations du Commissariat général à la stratégie et à la prospective, on dénombrera près de 50 à 80 milliards de ces objets en 2020. Dans cette perspective, les auteurs avertis s’interrogent sur les avantages et inconvénients qu’ont et auront ces objets dans notre quotidien. Comment intégrer ces objets dans nos vies tout en gardant notre identité ? Quels impacts ces objets ont sur l’économie de notre pays ? Quels impacts cela a sur les mœurs et la vie sociale de notre population ? Quels sont les conditions à réunir pour un pays afin que l’intégration de ces objets soit bénéfique pour sa population ? Quelles perspectives entrevoir pour le Cameroun qui sommeille encore ? Quelle confiance pouvons-nous accordés à ces objets à cette ère du numérique ? Telles, sont des questions qui ont retenues notre attention et dont nous essayerons d’apporter les éléments de réponses.
L’IoT (Internet des objets) n’est plus dans le virtuel, il fait désormais parti de notre quotidien depuis quelques années et doit continuer de croitre. Celui-ci aura sans doute un impact sur l’économie des entreprises qui fabriquent les objets et surtout sur les consommateurs qui utilisent ces objets. Pour mieux cerner cet impact, nous allons commercer par parcourir les différents secteurs qui profitent au maximum de ces nouveaux outils.

A. ANALYSE DES DIFFÉRENTS SECTEURS

Les secteurs que nous allons analyser sont les suivants : Agriculture, Industrie, Santé, Transport et Éducation.

1. Secteur Santé
Pour 2020 dans le domaine de la santé, ce marché est estimé 70 milliards de dollars. En 2012, on dénombrait déjà prêt de 20.000 applications de la santé et du bien-être présent sur le marché. Les objets connectés peuvent permettre à sauver des vies. Au Mali par exemple, le simple fait d’envoyer des messages aux femmes enceintes et aux jeunes mamans concernant la prévention de certaines maladies a permis de réduire la mortalité infantile de 30%.
Les objets connectés au niveau de la santé peuvent être :
– La balance connectée qui permet de contrôler le poids des malades.
– Le pilulier qui est un objet connecté qui peut permettre à nos grands-parents de prendre leur médicament sans surdose ou sans omettre d’en prendre une. En effet, il s’agit d’un outil permettant non seulement de rappeler l’heure de la prise des médicaments mais aussi contrôle les prises effectuées. Chaque bloc du pilulier concernant un produit, un voyant vert pourra signifier que le médicament a déjà été prise et au rouge que celle n’a pas encore été.
– Le Cardiopad qui permet d’envoyer l’électrocardiogramme d’un patient à un médecin qui n’est pas sur place afin que ce dernier l’analyse.
– Nous pouvons également mentionner la surveillance des patients à distance, en effet, à l’aide des différents capteurs, il est désormais possible d’observer un patient depuis son smartphone. Les capteurs vont donner au médecin un tas d’information : pression sanguine, le rythme cardiaque, la température etc.
Il existe également de plus en plus de produits connectés offrant des solutions sur mesure pour les personnes souffrant de handicaps. Par exemple, des montres connectées pour les personnes malvoyantes qui vibrent à la réception d’un e-mail, qu’elles retranscrivent ensuite en braille sur le cadran de la montre3. Ou encore, des ampoules connectées reliées à une sonnerie ou un téléphone alertent les personnes malentendantes lorsque le téléphone sonne ou que quelqu’un est à la porte.

2. Le secteur de l’agriculture

L’agriculture emploi plus de 1.3 milliard de personnes dans le monde, elle représente un secteur stratégique pour tout pays possédant des espaces arables. L’IoT peut permettre aux agriculteurs de produire de façon efficiente. Les objets connectés au niveau de l’agriculture peuvent permettre de :
– Nourrir l’animal individuellement en fonction de son poids, de sa santé et ce grâce à une mangeoire connectée qui serait capable de la reconnaitre.
– De tracer des bêtes et ainsi d’avoir l’état de santé instantané sur chacune d’elle.
– D’automatiser les salles de traite
– D’automatiser la pulvérisation, le contrôle des champs agricole grâce au drone
– De robotiser le désherbage à l’aide des robots autonomes.
La technologie V2V (Véhicule to Véhicule) sera sans doute déterminante en ce qui concerne la productivité dans le secteur agricole.
Nous avons de la matière au Cameroun en ce qui concerne la conception des drones. Nous travaillons actuellement avec des collaborateurs sur la conception d’un drone fait à la main notamment pour surveiller l’évolution des produits agricole.
L’IoT peut également jouer un rôle important dans la prévention des catastrophes naturelles : tremblement de terre, les avalanches et les inondations.

3. L’automobile

Nous avons tous regardé la série K 2000 (Knight Rider) , une série télévisée américaine en 90 épisodes de 45 minutes, qui était la série la plus regardé des années 2000 avec un modèle de voiture automatisée équipé d’ordinateur de bord dotée d’intelligence artificielle. Eh bien, nous sommes passés des idées futuristes à la réalité. En effet, le géant Américain, Google a présenté en 2014 sa première voiture (Google car) qui se pilote sans conducteur. Elle a déjà arpenté les routes aux États-Unis sans occasionner le moindre accident.
En 2012, le marché de voitures connectées avoisinait les 13 milliards de dollars et pourrait atteindre 115,2 milliards de dollars en 2020. L’IoT peut permettre de résoudre plusieurs problèmes dans le domaine de la circulation, entre autres, nous pouvons avoir :
– Lutte contre les collusions, en détectant par exemple des voitures qui arriveraient dans le sens inverse
– Ces objets peuvent alerter le conducteur en cas de fatigue au volant
– Les embouteillages coutent beaucoup d’argent aux entreprises et il faut donc essayer de les diminuer. En incorporant des capteurs un peu partout dans les villes denses, il sera possible de diminuer le trafic en utilisant des itinéraires intelligents. Ce qui permettra aux automobilistes de gagner du temps. Sans ce réseau, les voitures intelligentes ne pourront pas fonctionner de manière optimale pour réduire le trafic.
– Ces objets permettent d’éviter de milliers d’accident dans les pays qui ont pu déployer une telle technologie.
– Ces objets connectés incorporé dans les véhicules permettent aussi de faire des économies de consommation et ainsi participe à la réduction des gaz toxiques pour l’environnement.
– Le péage automatique.
Les objets connectés dans le domaine de l’automobile à un avenir radieux et plusieurs start-up dans le monde ont trouvé matière à innover dans ce domaine.

4. L’industrie

Les industries doivent être compétitives afin de survivre dans cet environnement de plus en plus concurrentiel. Pour cela, elles travaillent à augmenter leur rentabilité tout en diminuant les dépenses. Cette rentabilité peut trouver chemin fertile dans l’automatisation de son système d’information, dans les machines utilisées pour la production, dans la maintenance du matériel, dans la main d’œuvre utilisé pour produire et surtout sur la matière première utilisée pour la fabrication. Les objets connectés peuvent être utilisé comme un levier pour augmenter sa productivité et surtout comme un outil de veille concurrentielle.
Lorsque nous parlons de l’internet des objets dans les usines, de nombreux synonymes sont utilisés : usine du futur, usine intelligente, usine connectée, industrie 4.0. Dans le domaine de l’industrie, il peut aider à plusieurs niveaux :
– Il peut aider dans la chaine d’approvisionnement, en effet, il ne faut plus aller voir en rayon ce qui manque pour pouvoir passer sa commande. Tout est automatisé et il est possible de voir en temps réel le stock.
– L’automatisation des outils de fabrication permet aux entreprises de réduire les couts.
– Plus grande personnalisation des produits avec possibilités de produire les gammes de produits en quantité réduit. Avec l’augmentation du nombre produits, les gains financiers se voient croissant.
– Gaspillage réduit car la consommation de l’énergie et la maintenance des matériaux est automatique.
– Les balances numériques permettant aux industriels d’avoir une vue générale sur les ventes effectuées dans tous les magasins. C’est un dispositif intégré déjà par l’entreprise CONGELCAM.
Il faut noter tout de même que les couts d’investissement pour atteindre une tel performance est considérable. Le retour sur investissement, selon les experts est assuré si l’entreprise fait tourner ses machines en plein temps.

5. Secteur éducatif

Le domaine éducatif n’est pas en reste dans ce mouvement d’innovation via les objets connectés. De nos tablettes, nous pouvons désormais recevoir les cours en ligne dans une salle de classe virtuelle. Cette classe permettant l’échange instantané entre les différents étudiants inscrit dans un cours mais aussi avec l’enseignant. Le monde de l’éducation doit connaitre une mutation sans pareil au niveau de la façon des informations sont véhiculées aux apprenants : on aura plus besoin d’être dans une salle de classe en présentiel pour recevoir des enseignements, on sera davantage évalué à distance et les notes seront accessible de manière instantanées juste après l’évaluation. Les pays qui ne prendront pas cette donnée en considération, seront à la traine dans le domaine de la formation de leurs citoyens.

B. IMPACT ECONOMIQUE DE L’INTERNET DES OBJETS
Les perspectives économiques des objets connectés sont importantes. Selon une étude menée par Accenture, en 2030, l’IoT représentera un marché de 14200 milliards de dollars et les US bénéficieront plus de l’IoT au niveau de la croissance économique avec un PIB qui augmenterait jusqu’à 7100 milliard de dollars.
C’est un marché porteur, car, selon une étude publiée par CISCO en 2013, le nombre d’objets physiques non connectés représentait 99,4% de la totalité des objets dans le monde. Vous comprenez la mine d’or qui niche dans le domaine de l’internet des objets.
Ce marché est dominé actuellement par cinq grands groupes américains : Intel, Microsoft, Cisco, Google et IBM. Ces cinq sont suivis de SAMSUNG et APPLE.
Ce qui fait que les objets connectés sont fondamentalement différents n’est pas internet, mais la nature changeante de ces objets. C’est avec l’étendue de leur capacité et avec les données qu’ils génèrent que les produits sont si importants. L’analyse des données et la connaissance tirée de ces dernières constituent l’influence qu’auront ces objets dans l’avenir.
Dans cette ère du numérique, les capteurs doivent être de plus en plus placés sur les produits connectés afin d’avoir en temps certaines informations sur ces derniers.
Prenons par exemple le cas du frigo connecté qui donne en temps réel sur le smartphone d’un utilisateur certaines informations sur l’état de son frigo : les aliments présents dans son frigo, les aliments donc la date de péremption est proche. A partir de ces informations, il pourra faire ses achats afin de meubler son frigo. Il peut également mettre en marche son frigo ou l’arrêté via son téléphone si besoin nécessaire.

Le Cameroun a commencé déployer en 2014 les caméras de surveillances sur certains points clés de la capitale pour récolter les informations afin de les analyser à des fins de sécurité. Tous ces objets parsemés dans nos villes, maisons et lieu de travail posent le plus souvent un problème de vie privée et sécurité des informations collectées.
La principale menace de l’IoT est le risque de piratages des informations collectées par les objets. Il faudra donc mettre un accent particulier sur la sécurité de ces objets connectés.

C. LA DIMENSION ÉTHIQUE DES OBJETS CONNECTES

Un débat intense se livre actuellement entre les penseurs sur l’avenir de l’homme avec l’intrusion des objets connectés à tous les niveaux de notre vie. Certains vivent ces intrusions comme un rabaissement de l’espèce humaine et prônent à cet effet une vie en harmonie avec la nature.

Certains s’inquiétant sur la dépendance que ces objets connectés pourraient avoir sur leur vie. Cela est déjà vérifiable avec les smartphones associés notamment aux réseaux sociaux. On parle de plus en plus de « génération tête baissée ». C’est un phénomène qui prend une autre ampleur dans les pays développé notamment le japon où de plus en plus des jeunes sont addictifs aux téléphones. La solution tout trouvé sont les centres de désintoxications crées par le gouvernement japonais afin de guérir ce nouveau type de malade. En effet, selon une étude réalisée en 2014 par l’Ifop étudiant les perceptions des objets connectés par le consommateur, 88% des personnes interrogées pensent qu’ils les rendent plus dépendants aux machines.

Les objets connectés ont un impact considérable sur la vie sociale des consommateurs. On est désormais plus attaché aux amis virtuels qu’au amis physique, on est désormais moins de relation avec son médecin à cause d’une forte présence d’objet connectés dans le domaine de la santé, ceci pouvant avoir un impact considérable sur l’état psychologique du malade ie dans le processus de guérison.

Il y a donc une résistance farouche qui s’organise dans certaines communautés pour lutter contre les objets connectés. Et certains prônent simplement un retour à la vie sans numérique. Devons-nous prendre peur devant l’innovation technologique ? Devons-nous reculer et lutter contre les avancés de la science ? Je ne pense pas, il serait plutôt judicieux pour nous de trouver un moyen afin d’encadrer les résultats de la science dans notre quotidien, il faut des lois pour protéger les individus contre les grandes entreprises technologiques qui surfent le plus souvent sur l’ignorance de la masse pour exploiter leurs données personnelles. Les Etats et les associations de consommateurs doivent prendre la mesure de la chose afin de protéger les consommateurs de ces nouveaux types de produits.

D. QUELLES PERSPECTIVES POUR LE CAMEROUN ?

Le Cameroun doit se préparer à entrer dans ce nouveau monde en préparant les ressources pouvant le permettre d’apprivoiser la technologie, il doit préparer sa population à avoir une vie proche ou lointain avec davantage des objets connectés ; il doit préconiser l’utilisation parcimonieuse de ces objets.
1. Préparer les ressources humaines et technologiques
Il ne peut y avoir développement des objets connectés sans un préalable au niveau des technologies et surtout des normes de sécurité. Pour véritablement prendre la marche, le Cameroun doit :

– Intégrer l’usage de IPv6 dans son écosystème numérique. En effet, avec la pénurie des adresses IPv4 et son nombre très limité, vu le nombre d’objets connectés que nous aurons d’ici 2020 ; la nécessité de passer à IPv6 devient un impératif car chaque objet connecté aura besoin d’une adresse pour se connecter à internet afin d’échanger avec les autres.
– Réduire la fracture numérique entre les villes et les villages et s’assurer que le coût et débit de la connexion soient abordable pour toutes les couches de la population.
– Développer une véritable politique pour encourager les startups qui font dans le domaine du numérique et notamment des objets connectés afin que le Cameroun en tire pleinement profit.
– Ouvrir des écoles spécialisées pour la formation des jeunes hackers dans le domaine de la sécurité afin que le Cameroun profite de son avantage offensif sur le plan de la cybersécurité.

2. Sensibiliser la population sur la portée des objets connectés

Les objets connectés génèrent une masse importante des données, il sera intéressant que les utilisateurs soient conscients de cet aspect de la chose et réfléchissent ensemble sur les mécanismes à déployer afin de protéger leur vie privée. Il faudra à cet effet penser à vulgariser les statistiques et l’intelligence artificielle afin que la population puisse bien comprendre l’intérêt des données et surtout puisse émettre un avis critique sur la façon dont celles-ci sont gérées.

3. Préconiser l’usage parcimonieux
L’usage des objets connectés n’étant pas sans risque, il est donc important que les associations de consommateurs promeuvent l’usage juste des objets connectés parce que tous ces objets sont porteurs de risques comme nous l’avons mentionné plus haut.
Avec la multiplicité des entreprises qui se lance dans le domaine des objets connectés, il faudra réfléchir sur des standards devant régir le domaine afin de permettre au consommateur de tirer profit de la concurrence.

Avec la démographie croissante de la population, les ressources deviennent de plus en plus petites. Il faudra donc les exploiter et gérer de façon parcimonieuse. L’IoT jouera un rôle important dans ce sens en rationalisant la consommation des ressources.
Nous convergeons doucement mais surement vers les villes intelligentes. Il est question pour nos États de ne pas manquer le coach mais développer les conditions de maitrises de ces nouvelles opportunités tout en préservant notre identité. Nous devons changer afin de ne pas rater le train.

 

Un article de Berlin Djionang

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