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Les éboulements au Cameroun: à la quête des facteurs explicatifs

La ville de Bafoussam continue de compter ses morts. Hier (mardi, 29 octobre 2019), le décompte fait a été évalué à 42 morts. Un glissement de terrain survenu dans la nuit du 27 au 28 octobre 2019 a fait un hécatombe.

Treize maisons du quartier Gouache, bloc 6, ont été détruites dans cet éboulement causé par des pluies diluviennes de ces derniers jours. Au moment où les fouilles se poursuivent afin de retrouver d’autres disparus, tentons de tirer les responsabilités des populations et des pouvoirs publics quant à la survenue des éboulements et d’autres catastrophes naturelles.

Les populations locales, qui sont les premières victimes, ne mesurent pas, en général, les risques auxquels elles s’exposent quand elles s’installent dans des zones à risque. La question de l’urbanisation est rendue difficile au Cameroun par des déterminants liés à l’incivisme, au désordre, à la précarité existentielle, ainsi qu’à l’irresponsabilité et à la légèreté des pouvoirs publics. Du fait de la croissance démographique et de l’échec de la politique de l’urbanisation, les habitants érigent leur domicile dans les zones très dangereuses.

 L’absence d’un plan d’urbanisation formel ou sa défectuosité accentue la difficulté de faire face aux catastrophes qui surviennent. Les causes se manifestent par des constructions dans des lieux à haut risque, tels que les zones marécageuses, les flancs de montagne, les collines, les pentes, les zones sous-tensions, des dépôts pétroliers dans les villes, où ils existent. Dans ce cas particulier, une manipulation du liquide peut réduire à néant ces zones tellement les logements sont serrés les uns aux autres et, le plus souvent, construits en matériaux provisoires.

De même, les habitants de ces zones prennent des risques qui, à la longue, causent des éboulements préjudiciables à l’envergure de ce qui s’est déroulé à Bafoussam III. Nombreuses sont, en réalité, des catastrophes qui surviennent parce qu’un individu ne s’est pas assez prémuni ou n’a pas reçu des conseils pouvant lui être bénéfiques. A cause de la paupérisation ambiante et du misérabilisme chancelant, les populations investissent les zones non-constructibles parce que les terrains y sont fixés à un prix dérisoire au mépris de leur sécurité. Des habitants sont donc à la quête du profit au point d’avoir du dédain envers les autorités. Puisque quand bien même les autorités officielles leur font savoir qu’il s’agit des zones à risque, les populations s’y installent tout de même. Tant qu’elles n’ont pas encore vu les conséquences dramatiques, elles y restent et lorsque les catastrophes surviennent, il est déjà trop tard parce qu’elles ont perdu des vies.

Il est donc impératif que chacun(e) sache se protéger avant que les autorités ne viennent le faire. Il est idoine de sensibiliser les populations et de prendre des mesures avec les autorités qui sont en charge de la protection des populations, des biens et de l’environnement.

Les ministères de l’Administration territoriale (Minat), du Développement urbain et de l’Habitat (Minduh) sont, à ce sujet, des institutions responsables de la coordination des actions. L’on ne saurait épingler, de manière exclusive, les populations tant il y a aussi le laxisme des autorités, très souvent, réticentes à passer à la phase répressive après avoir enregistré les cas d’excroissance en matière d’installation des domiciles dans les zones périlleuses.

 Très souvent, les autorités évoquent l’argument lié au fait de faire attention à la sensibilité des personnes. Pour ce faire, expliquent-elles, il est nécessaire d’avoir une stratégie répressive, laquelle est, d’ailleurs, prévue par les textes. Il est prévu, en effet, que les responsables municipaux et préfectoraux descendent sur le terrain détruire des maisons ou des immeubles construits hors-normes, lesquels mettent en danger la vie des populations. Dans les grandes villes, les agents des communautés urbaines sont aussi contraints de le faire, en procédant à des déguerpissements à travers la démolition des habitats spontanés. La phase répressive traîne davantage en raison de l’insistance sur la pédagogie sensibilisatrice, laquelle succombe, contre toute attente, à la tolérance administrative.

Il a été donné de constater, supra, que les populations sont, dans la plupart des cas, à l’origine de l’accroissement des catastrophes et de leurs conséquences. Une réduction des risques passe donc par le changement des mentalités de ces populations, notamment celles qui vivent dans des lieux à risque. Il s’agit, concrètement, de comprendre la situation et de diffuser des informations aux populations, ceci par le biais des données scientifiques que des experts auront recueillies. Les données scientifiques doivent vaincre les croyances surnaturelles de certains habitants. Ainsi des émissions de sensibilisation à travers les médias permettront aux populations de mieux s’acclimater aux catastrophes qui peuvent se présenter et à la conduite propice à tenir dans ces cas.

En plus, l’éducation des populations passe également par la fermeté des pouvoirs publics. Ils devraient éviter de donner des permis de bâtir aux habitants dans des zones à risque et devraient être plus regardants en ce qui concerne les habitations qui se forment dans ces zones. Ils devraient stopper les constructions dans ces zones dès le départ tant le pire peut arriver à tout moment.

Le Don King

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