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L’effet Placebo : et si les firmes pharmaceutiques nous trompaient tous ?

Je vais vous balader aujourd’hui dans un domaine que beaucoup ont longtemps mystifié. Attacher vos ceintures car il risque d’avoir beaucoup de secousse dans votre système de croyances. Le sujet qui m’interpelle aujourd’hui est « l’effet placebo ». Etymologiquement parlant, le mot placebo signifie « je plairai » en latin. Il est reconnu officiel dans le domaine médical lors du « Cornel Conference On Therapy » en 1946.

 Il s’agit d’après le Dr Shapiro de tout « procédé thérapeutique donné intentionnellement pour avoir un effet sur un syndrome, un symptôme ou un patient, mais qui objectivement est sans activité spécifique pour la condition à traiter ». De manière prosaïque, cela signifie qu’on fait croire à un patient qu’il suit un traitement efficace (prend un médicament qui n’en est pas un) par rapport à un mal qu’il a et cela à plutôt des réponses positives sur son mal. Dans son article intitulé « mécanismes de l’effet placebo » publié en 2004, Dr Benedetti, Neuroscientifique de l’université de Torino en Italie établit la différence entre placebo et « effet placebo » en ce sens : « un placebo est une substance ou un traitement inactif tandis que l’effet placebo est la réponse à cette substance ou traitement inactifs ». Ainsi un placebo plus un contexte ou environnement produit des effets que l’on qualifie « d’effet placebo». Le contexte joue donc un rôle crucial dans le résultat.

La genèse de « l’effet placebo » commence lorsqu’un jeune chirurgien américain, Henry Beecher, sorti tout droit d’Harvard faisait son service militaire à la fin de la deuxième guerre mondiale. En effet, lors du traitement des soldats blessés au front, le jeune chirurgien tomba à court de la morphine (placebo impur) qui jouait le rôle d’anesthésie. Pour cela, il demanda aux infirmières qui travaillaient avec lui d’injecter le soldat de soluté salé (placebo pur).

Chose curieuse, le soldat subit l’intervention sans se morfondre dans la douleur, comme si l’eau soluté avec le même effet que la morphine antidouleur. Cet état de fait bouleversa le jeune médecin qui n’hésita pas à appliquer la même recette lorsque l’hôpital était à court de morphine. Ces soldats qui recevaient de l’eau soluté en lieu et place de la morphine croyaient recevoir cette dernière. Cette croyance à l’effet de la morphine leur permettait de subir des opérations sans douleur. Les travaux d’Henry Beecher qui suivirent après ces observations (article publié en 1955 sur le titre « The powerful placebo ») permettaient aux firmes pharmaceutiques de tester les nouveaux médicaments.

En effet, le processus de test ce fait en divisant l’échantillon de test en deux groupes. Un groupe qui recevra le médicament avec le principe actif et un autre qui recevra un comprimé sans principe actif(le placebo). Les études démontrent que la plupart des personnes témoin du groupe placebo estiment que leur état de santé s’est amélioré après avoir pris le médicament au même titre que les patients ayant pris les médicaments avec le principe actif. Le médicament est efficace si son efficacité est supérieure à celle du placebo. Qu’est-ce qui peut bien expliquer ce phénomène. C’est une question qui reste ouverte dans le domaine de la science. Qu’est-ce qui nous faire croire que nous ne prenons pas de placebos en lieu et place des médicaments et recouvrons tout de même la santé ?

Prenons ce cas particulier relaté dans le livre de Dr Joe Spenza, le placebo c’est vous. « À la fin des années 1950, deux groupes de chercheurs menèrent des études visant à comparer la chirurgie alors standard de l’angine et l’effet placebo. Ces deux groupes de chercheurs, l’un basé à Kansas City et l’autre à Seattle, suivirent chacun la même procédure et séparèrent les sujets étudiés en deux groupes. Le premier groupe devait subir la ligature de l’artère thoracique interne alors que l’autre recevrait un simulacre de chirurgie ; les chirurgiens pratiqueraient les mêmes incisions dans la poitrine des patients, exposeraient les artères endommagées et recoudraient ensuite les patients sans rien faire d’autre, c’est-à-dire sans procéder à la moindre ligature. Les résultats des deux études furent étonnamment similaires : 67 % des patients qui avaient subi une véritable intervention chirurgicale ressentaient moins de douleur et avaient besoin de
moins de médicaments, alors que 83 % de ceux qui avaient subi un simulacre de chirurgie bénéficiaient de la même amélioration. La chirurgie placebo avait donc été plus efficace que la chirurgie réelle ! Est-il possible, d’une certaine manière, que les patients qui avaient subi un simulacre de chirurgie aient cru si fort qu’ils iraient mieux qu’ils ont fini par réellement se porter mieux – en ne faisant rien d’autre que nourrir l’attente d’une amélioration prochaine ?»

Qu’est-ce qui de passe donc ? Sommes-nous tous sur effet placebo ? Qu’est-ce qui peut bien justifier le simple faite que si nous croyons à un traitement et à la personne qui l’administre, on obtient la guérison ? Quels mécanismes biologiques et cérébraux mettent en branle un tel dénouement ? Ce ne sont que des questions qui me taraudent l’esprit et me font me demander si la croyance que nous avons face aux évènements ne finit pas de déterminer l’issue de celui-ci ? Ce ne sont que des questions et pas de vérité ? Il n’y a d’ailleurs pas de vérité, il y a que des essais et des tentatives d’explication. La vérité est un idéal et si elle est atteinte, la science n’aura plus de place d’être.

Toujours aux USA, le psychologue Irving Kirsch, titulaire d’un doctorat en psychologie, de l’Université du Connecticut mena une étude qui portait sur 35 essais cliniques portant sur quatre des six antidépresseurs les plus largement prescrits, et agréés par l’Agence de contrôle des médicaments et des produits alimentaires (Food and Drug Administration) des USA entre 1987 et 1999. Ils disposaient ainsi de données issues de 5000 patients. Ils constatèrent après cette analyse que les placebos étaient aussi efficaces à 81 % des cas, que les antidépresseurs les plus populaires, tel que : le Prozac, l’Effexor, le Sezone et l’Axil. Les patients qui croient en leur guérissons fabriquent ainsi eux même leur antidépresseur naturel. Ce résultat a bouleversé plus d’un scientifique et les sceptiques ne sont toujours pas convaincus. Dr berredetti nous fait savoir que dans ce cas « les patients déprimés qui reçoivent un traitement placebo présentent des modifications cérébrales électrique et métabolique.» Le simple fait de croire à un traitement peut avoir un impact direct sur notre rémission ?

Que faut-il donc penser ? Est-ce que le système de croyances est prépondérant sur l’obtention de la santé ? Est-ce que les scientifiques sceptiques n’ont-ils pas raison de se méfier de ce type de traitement qui peut aggraver la situation du patient si ce dernier est dans un état critique ? Est-ce que c’est le conditionnement de nos esprits par les spécialistes et les publicités qui finissent par nous faire croire à l’efficacité des médicaments et ainsi obtenir des résultats ? Est-ce que notre organisme secrète-t-elle les substances biochimiques nécessaires à notre guérison ? Est-ce que c’est le fait de croire fortement aux paroles du pasteur que les fidèles dans les églises finissent par obtenir d’eux via leur organisme ce qu’ils appellent « miracle de guérison » ? Ce ne sont que des questions qui me permettent de pousser davantage ma réflexion.

Dr berredetti cité plus haut, nous fait savoir qu’il ne faut surtout pas accorder beaucoup de valeur à la pilule inoffensive et oublié l’élément déterminant qui est le contexte (personnel médical, médecin, l’interaction verbale et confiance entre médecin et patient). Lorsque le contexte est positif, nous obtenons l’effet placebos et lorsqu’elle est négative, nous obtenons « l’effet nocebo ».

Elle précise qu’ « un effet placebo est systématiquement produit par les expressions verbales appropriées, afin de créer des attentes de bénéfice chez le patient.» Dr J. Bruxelle et ses collègues dans un article intitulé « l’effet placebo dans le traitement de la douleur », publié en janvier 1988, nous fait savoir que : « l’effet placebo est surtout influencé par les attentes et les convictions du patient, du médecin et de l’entourage et par la qualité de la relation Médecin-Malade.» Selon eux : « l’effet thérapeutique de tout médicament est donc la somme des effets spécifiques propres aux propriétés pharmacologiques du médicament et des effets non spécifiques de l’effet placebo induits par la procédure thérapeutique » Ainsi dans tous traitements médicamenteux, l’effet placebo contribue au traitement du patient.

Les scientifiques l’estiment en moyenne aujourd’hui à 35%. Si vous prenez un antidouleur étant un patient placebo-répondeur (c’est-à-dire qui croit au traitement), la probabilité d’obtenir une rémission est élevée par rapport à un patient placebo-non-répondeur (c’est-à-dire qui ne croit pas au traitement). Et c’est cette différence qui donne 35%. Les sceptiques comme le français Dr Rémy Boussageon, Médecin Généraliste, Ville fontaine et ses collègues dans un article publié en 2007 sur le titre : « la difficile mesure de l’effet placebo » remet en cause ce chiffre. En effet, ils nous font savoir que ce chiffre est erroné car, il ne prend pas en compte l’évolution spontanée des symptômes et des maladies. En plus, cette évaluation de « l’effet placebo » n’est pas l’effet mesuré dans le groupe traité par le placebo. Est-ce que ses critiques peuvent nous permettre d’ignorer les pléthores de chercheurs qui ont effectué des tests cliniques et qui démontrent à suffisance les atouts de placebo dans un contexte ?
Le placebo sans contexte ne portera donc pas de fruit ? Faut-il donc un conditionnement mental afin que les résultats soient à la hauteur de nos attentes ?

QUE RETENIR ?
Nous sommes un esprit dans un corps et nous nous mouvons dans un environnement social. Nous sommes donc des êtres bio-psycho-socio d’après les spécialistes. Cet environnement a un impact considérable dans les résultats que nous obtenons car il fabrique et modèle au quotidien notre état d’esprit. Il faut donc s’assurer que nous avons un état d’esprit de développement, un « growth mindset».


Allez-vous faire consulter par un médecin traditionnaliste ou moderne lorsque vous êtes malade et suivez leurs conseils. Mais, sachez tout simplement que ce que vous mangez, buvez, votre environnement social et vos systèmes de croyances sont vos meilleurs médicaments. Attelez-vous à assainir ces éléments afin de profiter et jouir de tous vos facultés physiques et mentales pour mettre en branle vos projets.
Et si nous étions tous sous « l’effet placebo » ?

Lisez et partagez, ceci peut aider plus d’une personne.

Berlin DJIONANG
Libre Penseur

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