Home IDEES Le pouvoir de Yaoundé est entre les mains de deux ethnies (les...

Le pouvoir de Yaoundé est entre les mains de deux ethnies (les Bulu et les Nanga)

272
0

La République entre les mains de l’élite compradore

C’est ce mercredi, 9 janvier 2019 que le Chef de l’Etat reçoit les vœux des membres du corps diplomatique et des corps constitués. Cet événement intervient cinq jours après le ré-aménagement gouvernemental opéré par Paul Biya. Contrairement aux attentes populaires liées à l’escompte d’un tsunami gouvernemental, le Président de la République n’a procédé qu’à un ré-ajustement, qui laisse croire que le prince n’a sacrifié que quelques figures appréhendées comme les dindons de la mafia.

Depuis le constat de l’échec à l’organisation de la Can 2019, 17 ministres de la République ont, à 80%, reconnu leur responsabilité dans la disgrâce consécutive à la non-réalisation de ce dessein tant souhaité. Pierre Ismael Bidoung Mkpatt était le premier gestionnaire à lâcher du lest le 5 décembre 2018 au cours d’une réunion du comité de pilotage de la Can tenue à la primature. L’ancien ministre des Sports et de l’Education physique (Minsep) n’est pas passé par quatre chemins pour faire amende honorable devant le chef du gouvernement et devant ses pairs. Logiquement, en tenant compte de cette incurie, le Président de la République aurait dû, au cours de ce ré-aménagement gouvernemental, bouter hors du sérail celui qui a été muté ministre des Arts et de la Culture (Minac). A moins que cette mutation, mieux cette permutation entre l’ex-Minac et l’ex-Minsep ne soit considérée, par le Chef de l’Etat, comme une forme de sanction.

De plus, la personnalité publique qui était au cœur de la régulation, du contrôle et de la gestion des chantiers structurants de la Can 2019, c’est le Secrétaire général de la Présidence de la République. Jusqu’en novembre 2018, aucun projet de cette grande messe du football africain n’a été réalisé. Toute chose ayant été à l’origine du retrait de l’organisation de cet événement continental au pays de Roger Milla. Après avoir audité la budgétisation des chantiers de la Can, force est de constater la passation des marchés de gré à gré, la surfacturation des données matérielles des projets et la centralisation de la gestion autour du patron administratif de la Présidence de la République. Si l’on s’inspire, dans le même sillage, de cette logique factuelle, ce haut cadre du sérail promu, aujourd’hui, ministre d’Etat aurait dû, lui aussi, être éjecté de l’appareil gouvernemental. Mais en vain! Le chantre du régime en place n’a préféré que sacrifier trois figures, elles aussi, concernées par ces scandales de la Can. André Mama Fouda, Abba Sadou et Jean-Claude Mbwentchou sont déchargés de leurs fonctions de décisions sur l’autel des lobbies de pouvoir ayant pris en tenaille l’homme-lion.

Eu égard à la conflictualisation des rapports de pouvoir entre l’ancien ministre des Marchés publics (Minmap) et le ministre des Travaux publics (Mintp), le chef central, après avoir arbitré et tranché,a esquinté la tête du gestionnaire, qui s’est avéré fort rigoureux, et qui a, de surcroît, décrié la passation du marché de gré à gré de 9 milliards de Fcfa, lié à la construction de l’autoroute conduisant à Japoma. Plutôt que d’accréditer et de légitimer la rigidité de Abba Sadou dans le processus de l’attribution dudit marché, la figure de proue du comité de pilotage de la Can a eu sa tête au demeurant. Dans ce jeu vicié, vicieux et insidieux, même la commission nationale anti-corruption (Conac), dont le rapport annuel est, dûment, validé par la Présidence de la République, a épinglé le ministère des Marchés publics, en lui attribuant le maillot jaune du département ministériel le plus corrompu du Cameroun. Un fait éminemment curieux! Soit!

Au regard de la pieuvre sacrificielle de quelques dindons de la mafia organisée au sommet de l’Etat, il apparaît, manifestement, la normalisation de la déviance, de l’excroissance et de l’incompétence des gestionnaires de la Respublika. Le fait d’avoir promu et muté des membres du gouvernement ayant failli témoigne, sans coup férir, de ce que le maître de céans participe à ériger l’anti-norme en norme, l’anti-valeur en valeur et l’interdit en permis. Sans conteste, la République est entre les mains de l’élite compradore; l’Etat est entre les mains de ce que Hubert Mono Ndjana, Philosophe, appelle “Les vampires du Godstank”; le pays est entre les mains des carnassiers, dont le socle idéologique et le schème mental se résument à l’option pour la privatisation des biens publics à des fins d’enrichissement illicite et de déstabilisation du système à long terme. Ce sont, en somme, les signes de la survivance de la néo-patrimonialisation de l’Etat. Prosaïquement, le pouvoir de Yaoundé est entre les mains de deux deux ethnies (les Bulu et les Nanga), dont deux dignitaires ont été promus ministres d’Etat le 4 janvier 2019 par Paul Biya. Socio-anthropologiquement, la famille et la belle-famille du Chef de l’Etat contrôlent, d’ores et déjà, les leviers du régime en place.

Serge Aimé Bikoi

Profitez d’une base de données de plus de 2 2 000 visiteurs et:

Augmentez votre visibilité à l’échelle nationale et internationale

Menez vos campagnes    sur internet, le plus grand réseau de communication

Booster vos affaires

Publiez vos annonces à partir de 5 000 FCFA

Tel: 00 698 11 70 14

Mail: contact@lewouri.info

Facebook Comments

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here