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Hommage au Dr Antoine Laurent Medjo Mintom ancien proviseur et ancien secrétaire général du ministère de la Communication par le prof Vincent-Sosthène FOUDA

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Le premier coup de fil que j’ai reçu ce jeudi 1er janvier 2019 était celui de la tristesse.

 

Inoubliable, ce coup de fil restera longtemps gravé dans ma mémoire ; c’est celui qui m’a annoncé le décès de mon professeur, mon proviseur de lycée et mon tuteur le Dr Laurent Antoine Medjo Mintom.

Objectivité oblige, les éloges que nous étalerons dans les lignes qui suivent ne sont pas ceux de la tristesse. En effet, les qualités intellectuelles et humaines de Laurent Antoine Medjo Mintom étaient indéniables pour tout homme qui l’a connu et côtoyé.

Il était incontestablement un enseignant modèle, surtout cet enseignant de français, de littérature dite négro-africaine, rigoureux sur le plan intellectuel, méthodologique, maîtrisant parfaitement le sens des mots, le style et les idées de la littérature moderne. Cette qualité qu’il a su durant toute sa carrière allier avec une bonne moralité qui peut se résumer, entre autres, à l’honnêteté, le doigté, l’habileté et la modestie.

De Laurent Antoine Medjo Mintom, j’ai retenu, entre autres, des échanges, une diction qui m’ont servi et qui continuent toujours à m’illuminer : la loi de la testabilité, de la falsifiabilité et de la réfutabilité. J’ai échangé avec lui sur des philosophes qu’il avait étudiés au Séminaire sainte Thérèse de Yaoundé : Karl Popper, Alexandre Koyré, Thomas Kuhn, Gaston Bachelard, des écrivains tels Mongo Beti, Seydou Badian (qui nous a quittés il y a quelques jours lui aussi), Camara Laye, Guillaume Oyono Mbia…eux qui n’ont jamais cessé d’aiguiser mon appétit de la science. Au-delà de la relation scientifique et intellectuelle entre l’enseignant et son étudiant, Medjo Mintom  fut pour moi, un tuteur car interne au lycée, mon père lui avait confié une bien lourde responsabilité : je n’étais pas seul dans cette situation.

J’aimerais à présent exprimer la tristesse et la consternation que la disparition du Dr Laurent Antoine Medjo Mintom m’inspire. J’avais assez peu l’occasion de le rencontrer, mais l’accueil était toujours bienveillant et l’écoute sincère. Comme beaucoup de mes camarades des années 90 au Lycée Classique et Moderne de Sangmelima, je vais le regretter.

« J’ai mes secrets pour marcher sur la toile de l’araignée, J’ai mes secrets pour vivre sous les cils d’un dieu qui ne meurt jamais, Amoureux j’habite mon visage et ma voix J’ai mes secrets pour que me vienne une descendance après ma mort » Adonis Après l’effroi, la peine. J’ai été élève de monsieur Laurent Antoine Medjo Mintom, interne il était aussi mon tuteur. Je salue la mémoire d’un proviseur attentif, humaniste et un chrétien engagé. Il savait ce qu’est le rôle d’une bibliothèque au cœur du lycée, au cœur de la cité. C’est le premier adulte avec qui j’ai échangé des conseils de lecture, avant d’avoir écrit. Je lui ai offert un livre sur sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

Pas une rencontre, pas un échange sans qu’il ne dise son attention et son soutien à notre travail, à nos initiatives.
Un malheur. L’intelligence et l’élégance du Prof. Laurent Antoine Medjo Mintom conquéraient toute personne qu’il croisait. Toute ma vie je me souviendrai de sa gentillesse et de nos échanges, de son rire. J’ai eu très peu le temps de le revoir ces dernières années, mais je garde en mémoire notre rencontre sur les quais de la gare de Lyon Pardieu en France, il était accompagné de sa fille Marthe. Nous avons échangé des heures durant entre adultes. Il a été chargé de mission auprès du premier ministre, secrétaire général du ministère des travaux publics puis il prendra sa retraite comme secrétaire général du ministère de la communication avant de redevenir fils de la terre, planteur dans son village. J’ai relu ce jour sa thèse intitulée « Pouvoir et limite du roman en Afrique », dans lequel il affirme que la ville européenne est maintenant celle des riches et des nantis, et celle des indigènes est devenue le havre – ou l’enfer – des pauvres, des démunis ». (thèse de 3ème cycle paris V – 1983), il a joint l’acte à la parole en retournant à la terre qui l’a vu naître.

Je voudrais dire un mot pour Laurent Antoine Medjo Mintom, permettez que je les emprunte à Camus aussi : « sans votre enseignement, et votre exemple, nous ne serions pas ce que nous sommes aujourd’hui, les autres plus que moi. Je ne me fais pas un monde de cette sorte d’honneur mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, pour nous et au moment où vous nous quittez pour toujours. Votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l’âge, n’a pas cessé d’être votre reconnaissant élève. »

Et maintenant, je me tourne vers vos proches, vos enfants Pierre, Marthe, Grâce, Stella, Léo et petits enfants, votre épouse Émilie, en espérant que l’ensemble de nos témoignages puisse leur apporter quelque réconfort.

Prof Vincent-Sosthène FOUDA

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