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Haman Mana:”Il existe trois manières de voir Pour le Libéralisme communautaire Nouvelle édition”

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Ceux qui cherchaient un document pour évaluer le parcours du Renouveau ont désormais un livre : Paul Biya vient de le leur offrir.

Il existe trois manières de voir Pour le Libéralisme communautaire Nouvelle édition, le livre que Paul Biya, président de la république du Cameroun, publia il y a trente-un ans…

D’abord, on peut le considérer comme un livre-bilan, où l’auteur-président invite le lecteur-citoyen, à revisiter le chemin tracé autrefois, et à évaluer ce qui a été fait. Ensuite, on peut y voir simplement le rêve qu’un politique fit pour son pays, et qu’il partage avec ses concitoyens, afin qu’ils adhèrent à sa doctrine, pour continuer le chemin avec lui. Enfin on peut aussi, prendre cela au premier degré, comme le lancement d’une campagne électorale pour un président qui veut être élu pour la septième fois et dans laquelle il manque d’idées originales ; d’où ce coup éditorial, qui rafraîchit l’image de l’auteur et sans doute les caisses de l’éditeur.

Peu importe la posture que l’on utilisera pour porter un regard sur le livre -l’unique, en toutes ces années- de Paul Biya, dont les dédicaces se déroulent à travers la république, dans des raouts comme seul le parti au pouvoir sait les organiser.

Pour trouver la sérénité de lire ce livre sans être saisi de spasmes à tous les paragraphes, il faut se livrer d’entrée de jeu, à un exercice mnémotechnique des plus complexes : oublier d’abord le nom de l’auteur et les fonctions qu’il a occupées depuis bientôt quarante ans dans le pays dont il parle. Lorsque vous avez réussi cela, alors ce livre vous apparaît, dans toute sa luminosité : un projet républicain, humaniste, démocratique, qui favorise la prospérité et la répartition équitable des fruits de celle-ci.

Solidarité

Le rêve que fit l’auteur pour son pays, c’est celui d’une « humanité plus solidaire ». Où nanti de ses atouts connus et entretenus, le Cameroun rayonne dans son environnement et diffuse la paix dans un monde où s’est imposé un ordre économique et culturel juste, équitable. L’auteur voit dans son pays, « une société politique nouvelle » : « Ceci suppose la conversion des attitudes autoritaires du passé par une politique de participation, d’écoute de la base, et d’encadrement des populations aussi bien rurales que citadines ». S’invite alors, l’une des questions épineuses de la vie camerounaise, le tribalisme. L’auteur affronte sans biais la question, et propose « l’intégration nationale », une étape selon lui au-delà de « l’unité nationale », qui fut le leitmotiv de son « prédécesseur » – qu’il ne nommera jamais-.

Fort de ce concept, il indique la voie à suivre : « Dans cette démarche, la politique culturelle devra toujours tendre à inculquer progressivement aux Camerounais, au détriment de leur attachement aux seules cultures ethniques, une même échelle de valeurs, de normes et d’usages sociaux ; cette action suppose à la fois la nationalisation des originalités culturelles positives de nos ethnies dans leurs expressions les plus variées ( musique, danse, cuisine, mœurs économiques) et une créativité intense ou inter-ethnique » . Sur ce, l’auteur embraye sur son intention : « Bâtir une véritable démocratie ». Où il souligne haut et fort, sa foi en la démocratie, en raison de son « incontestable supériorité sur les autres formes de gouvernement ».

Il pose ainsi ce qui est son crédo : « un état fort, réellement gouverné par le peuple ». Tout cela passe bien sûr, démontre l’auteur, par la réaffirmation de la souveraineté populaire, un meilleur équilibre des pouvoirs, une réelle démocratie locale et une administration plus performante.

Ici, le diagnostic de cette administration est cruel : « l’administration étatique gagnera aussi à devenir plus simple et plus expéditive, grâce à un allégement systématique des procédures et à un raccourcissement des délais de traitement des dossiers et des affaires. »

Indépendance économique

Dans sa veine humaniste, l’auteur-président voit « Une économie camerounaise au service de l’homme ». C’est ici qu’il déroule la définition de sa doctrine, celle qui justifie
le titre de son essai : « Le libéralisme communautaire se caractérise par la liberté d’entreprendre et le souci d’une solidarité nationale qu’un Etat fort est chargé de rappeler à tous les partenaires économiques par le truchement d’une réglementation appropriée. » Pour l’histoire, rappelons qu’on est là encore, à une étape que l’on veut ultérieure

– pour ne pas dire supérieure- au « Libéralisme planifié » d’ Ahmadou Ahidjo qui mena le Cameroun – avec un certain succès- sur des plans quinquenaux . L’auteur dit sa foi en l’agriculture, sur la quelle doit reposer le socle de cette économie. Il prône des aides massives pour celle-ci, et des initiatives volontaristes en direction du monde rural. Il insiste sur un développement intensif des voies de communication et autres infrastructures. Il faut « équiper » le pays, soutenir les PME-PMI, développer l’industrie lourde, maîtriser la science et la technologie, mais surtout rendre les services plus efficients.

Ici encore, l’auteur crache du feu sur la situation qui a cours : « il existe un laisser-aller, un laxisme, une inertie et un manque de civisme déplorable dans plusieurs d’entre-eux. Il doit être mis un terme à ce désordre qui engendre des situations d’insécurité, des retards préjudiciables et des frustrations inacceptables. Les services, aussi bien publics que privés, doivent concourir à la promotion du bien-être physique, matériel, intellectuel, moral et spirituel du citoyen camerounais. (…) Il faut donc œuvrer pour qu’un accueil plus humanisé soit réservé aux usagers de nos services publics, usagers souvent en butte hélas, à une agressivité injustifiée. Sur l’emploi, la doctrine prônée est claire : non à une fonction publique obèse, oui, c’est le secteur privé la locomotive des emplois…L’indépendance de l’économie camerounaise devra être le moteur de toutes les décisions politiques et administratives. L’émergence d’un capitalisme national étant le but recherché, in fine.

La justice sociale, ce que, Mono Ndzana, Georges Ngango, Sengat Kuo et autres appelèrent un jour l’idée Sociale chez Paul Biya et en firent un livre, revient comme répétition, jusqu’à l’ennui. Mais on doit y voir l’insistance qu’a l’auteur pour dire comment il faudra loger, soigner, éduquer et nourrir ses compatriotes, afin qu’ils touchent la plénitude et le bien être…Autre insistance de l’auteur, qui doit dénoter son souci à régler cette question, celle concernant les ethnies et la patrie camerounaise. Il insiste sur sa demande : ses compatriotes doivent transcender l’ethnicisme, pour fondre dans la nation camerounaise, pluriculturelle, et plurilingue. Bien charpenté, didactique à souhait, le livre s’achève sur « Trente objectifs pour le Cameroun », qui constituent en réalité, le résumé de la vision de l’essayiste pour le Cameroun. Et un appel pour « Ouvrir la société à la modernité libérale et à toutes ses opportunités et ; maintenir l’élan d’équité et de justice sociale sans lequel l’édifice encourt un risque de fragilisation ».

Lorsqu’on sort de ce livre, la première question que l’on se pose c’est : « Qui en est l’auteur ? ». Lorsqu’on se rend compte qu’il y a trente ans Paul Biya a écrit cela, et qu’il persiste et signe, trente-un ans plus tard, on est profondément bouleversé, lorsqu’on voit le résultat. On ne s’attardera pas sur l’état du Cameroun aujourd’hui, l’actualité nous parle. C’est alors que le magnifique sourire affiché par l’auteur sur la couverture résume ce qui devrait être la pensée profonde de celui-ci, et pour utiliser une mot, et sur un registre qu’il osa lui même, un de ses jours : « Je vous ai fait ça, cadeau ! ».

Haman Mana
Paul Biya
Pour le Libéralisme Communautaire
Nouvelle édition
All-Acces/Favre
165 pages
2018

 

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