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Génocide rwandais:La plus grosse falsification de la fin du XXème siècle

Il y a 25 ans, le 6 avril 1994, l’avion du chef de l’Etat rwandais de l’époque, Juvénal Habyarimana était abattu en bout de piste au moment de se poser sur le tarmac de l’aéroport de Kanombe à Kigali.

Cet aéronef de type Falcon baptisé « Impala », était un don du président français François Mitterrand à son homologue rwandais. Cet apparait était piloté par un équipage de 3 Français : le pilote Jacquy Héraud, son copilote Jean-Pierre Minabéri et le mécanicien navigant Jean-Michel Perrine.

Le Falcon transportait 12 passagers parmi lesquels Cyprien Ntaryamira, chef de l’Etat du Burundi qu’accompagnaient 3 ministres de son gouvernement, le reste était des hautes personnalités rwandaises.

Pour cet ultime voyage de Dar-es-Salam en Tanzanie, le président Habyarimana avait souhaité se faire accompagner, outre par Cyprien Ntaryamira président du Burundi, mais aussi par Mobutu, chef de l’Etat du Zaïre. La nuit du 5 avril 1994, les services spéciaux belges informent Mobutu de ne pas effectuer ce voyage de Tanzanie. Le chef de l’Etat zaïrois tente à son tour de dissuader Habyarimana de se rendre à Dar-es-Salam. Réponse de ce dernier : « Si je ne me rends pas à cette rencontre qui pour moi n’a pas de sens, les Occidentaux qui l’ont organisée m’accuseront de torpiller les Accords d’Arusha, hors c’est le Fpr qui refuse de les appliquer en s’abstenant d’entrer au gouvernement ».

Habyarimana se résolût à effectuer cet ultime voyage de Dar-es-Salam contre son gré. La France, la Grande-Bretagne, la Belgique, les Etats-Unis, avec la collaboration du Secrétariat général des Nations Unies avaient initié une rencontre pour soit disant, « évaluer l’application des Accords d’Arusha ». Ces Accords signés trois ans plus tôt. Ces Accords invitaient le gouvernement de l’époque à partager le pouvoir avec le « Front patriotique rwandais » de Paul Kagame. Ce dernier ne tenait pas du tout à partager le pouvoir avec ses ennemis du Mrnd (Mouvement révolutionnaire national pour le développement) de Juvénal Habyarimana.

A 20 heures ce 06 avril 1994, une roquette tirée de la ferme présidentielle de Masaka, déchiqueta l’avion dont les débris et les corps humains en morceaux se répandirent sur le jardin du chef de l’Etat. Le tocsin retentissant dans le ciel étoilé de Kigali, provoqua aussitôt des cris de colère des partisans du président assassiné qui scandaient : « Les Inyenzy l’ont tué ! Les Inyenzy l’ont tué ! » Inyenzy signifie « cafards » en kinyarwanda, la langue nationale. Les combattants du Fpr à majorité de l’ethnie tutsie s’étaient donnés ce sobriquet pour traduire qu’en temps de combats, ils sont capables de ramper comme un cafard sans jamais se faire attraper par l’adversaire. De leur côté, les Tutsis appellent les Hutus « Ibipinga », c’est-à-dire « gorilles ». Pour eux, « les Hutus sont aussi laids que des gorilles »).

Cet attentat et la mort de deux chefs d’Etat seront l’élément déclencheur des tueries entre les deux ethnies. Au courant des années qui avaient précédé la guerre, les dirigeants du Front patriotique rwandais avaient créé une radio de propagande appelée « Radio Muhabura ». Cette radio avait sa base Milindi, ville frontalière entre l’Ouganda et le Rwanda. Ses émetteurs étaient orientés sur les villes rwandaises. « Radio Muhabura » vilipendait « les Hutus et ses dirigeants incompétents et corrompus ». A la fin de l’année 1993, en réaction, les intellectuels hutus créent à leur tour la « société anonyme de radio et télévision Mille Collines ». Seule la radio aura le temps de fonctionner lorsque la guerre éclate.

Ces deux organes de diffusion avaient suffisamment préparé les Tutsis et les Hutus à se détester. Ils diffusaient à longueur des journées des messages de haine des uns contre les autres. Mais curieusement, on fit porter à Radio Mille Collines seule le triste sobriquet de « la radio de la haine » !

La guerre qui dura 8 mois fut atroce. Le Fpr de Paul Kagame bénéficia de l’appui en hommes de l’Ouganda voisin, et du matériel militaire fourni notamment par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Belgique. Les forces gouvernementales sous embargo des armes depuis 1990, elles ne pouvaient pas tenir face à l’armada américaine. La balance pencha en faveur du Fpr qui remporta ainsi la guerre.

La Com’ gouvernementale

Lorsque les Nations Unies ordonnèrent des enquêtes pour établir les responsabilités, il fut confié à un avocat africain (de Côte d’Ivoire) la lourde charge de prononcer pour la première fois les mots de « génocide du rwandais ». Il était convenu à cette époque que sur les 800.000 à 1 million de morts déclarés, « il y avait de nombreux Hutus et de nombreux Tutsis ».

Curieusement, depuis les 5 dernières années, la communication gouvernementale sur le nombre de morts a progressivement évolué : on est passé du « génocide rwandais », au « génocide des Tutsis » ! Les stratèges de la Com’ dans ce pays avaient compris aussi tout le bénéfice que le Rwanda tirerait en « criminalisant » une grande puissance à laquelle on ferait porter toute la charge morale de cette tragédie. La France sera donc cette grande puissance toute indiquée :

1 – Paris entretenait de solides accords de coopération militaire avec Kigali, au détriment de l’ancienne puissance coloniale la Belgique, qui a toujours mal vécu cette frustration.

2 – La France avait ouvert un corridor de Kigali à Goma (Zaïre), en passant par Ruhuengeri et Gisenyi pour aider les Hutus qui fuyaient la puissance de feu du Fpr et trouver refuse dans le Kivu côté Zaïre.

3 – Les vainqueurs de cette guerre, (le Fpr) considèrent cette assistance humanitaire de la France comme « un parti pris de Paris ».

4 – Aucune preuve n’a jamais été établie que la France avait appuyé les militaires du camp gouvernemental, encore moins, pris part aux combats en leur faveur. Toutes les tentatives de Paris pour prouver sa non implication dans ce conflit ont toujours été systématique été étouffées par la puissance de la communication et de la diplomatie du Rwanda. La France a tout donné pour avoir la paix avec le Rwanda. Elle a même été jusqu’à plusieurs scènes d’humiliation de ses diplomates par Kigali à plusieurs manifestations publiques au Rwanda…

Pour ce 25ème anniversaire du génocide, Paris a mobilisé ses médias publics et privés pour servir de relais à la communication gouvernementale agressive et réorientée de Kigali. C’est du jamais vu en Hexagone !

Au Rwanda, les trois ethnies (hutus, tutsis et twa) se partagent les mêmes comportements culturels, les mêmes habitudes alimentaires, la même langue, les mêmes collines. Presque tous sont chrétiens catholiques ; ils vont dans les mêmes chapelles. Comment peut-on affirmer aujourd’hui avec exactitude que ce sont les Hutus qui avaient massacré les Tutsis ? Voici un exemple de cette vie partagée. Nyamata est une petite ville située à 22 km à l’est de Kigali, sur la route de la Kagera. Un dimanche matin pendant les tueries, les fidèles sont à l’intérieur de l’église de Nyamata qui est dirigée par des religieux italiens. Ils célèbrent la messe dominicale quand un groupe de tueurs fait irruption. Les assaillants referment derrière eux les portes de l’église. Ils massacrent tout le monde jusqu’aux enfants. En 2002, Paul Kagamé se rend à Nyamata pour y présider les cérémonies commémoratives du 7ème anniversaire du génocide. Il avait ordonné auparavant que les ossements de ce carnage soient érigés en « Ibuka » (souvenir) sur le même où avaient été perpétrés. Toutes les ethnies étaient en communion dans cette église au moment des faits. Peut-on reconnaitre dans cet amas d’ossements humains ceux qui appartiennent à telle ou telle ethnie ? Impossible. Il existe ainsi dans tout le territoire rwandais des « Ibuka » pour rappeler aux uns et aux autres que plus jamais cela ne devrait plus se reproduire.

Le pardon

Il est de tradition que, pour pardonner, il faut connaitre la vérité. La vérité sur ce drame a ses faits et ses actes. Il faudra par exemple un jour examiner les boites noires du Falcon présidentiel qui avait été abattu le 06 avril 1994, tuant deux chefs d’Etat. Plusieurs médias avaient révélé que ces deux boites se trouveraient dans les tiroirs du Secrétaire général des Nations Unies. Au cas où ces boites seraient introuvables aujourd’hui, Françoise Héraud, l’épouse du pilote avait proposé à qui voudrait écouter les conversations du pilote avec la tour de contrôle au moment de l’atterrissage, de les tenir à disposition, car son mari avait installé un dispositif qui permettait à sa famille de suivre ses conversations lorsqu’il entrait dans le périmètre de l’aéroport de Kigali. Personne n’a jamais voulu de cette offre.

Les « Ibuka » qui sont construits dans tout le pays ne sont pas des initiatives inutiles. Mais chaque fois que leur commémoration serait accompagnée d’un faste rituel qui serait de nature à stigmatiser une ethnie, les Hutus se sentiront toujours seront offusqués. Ils ne se seront jamais à l’aise dans un environnement où ils sont indexés d’avoir tentés d’exterminer une autre composante humaine nationale. Paul Kagamé avait supprimé l’identification coloniale sur les documents officiels. C’est une excellente initiative. La communication faite sur le « génocide des Tutsis » annihile les efforts du chef de parler des « Rwandais » et non de les voir sur le prisme de leur appartenance à une ethnie. C’est cela le grand défi à affronter. A défaut, les 4 millions de réfugiés hutus diront chaque année : « l’année prochaine à Kigali ! », jusqu’à ce que leurs vœux se concrétisent un jour.

Paul Kagame a hissé le Rwanda au rang des pays de référence en Afrique. Il est parmi les Africains sur qui le continent compte. Il a posé des actes d’éclat pour unir ses compatriotes. Il pourrait réussir ce pari en évitant des actes de stigmatisation qui risquent de marginaliser une ethnie, numériquement la plus importante du pays.

Un article de Xavier Messè

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