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Et si pour une fois on laissait les bamilékés tranquilles

Le 20 juillet dernier, une certaine élite du Rassemblement démocratique du peuple Camerounais (RDPC), parti au pouvoir s’est retrouvée à la place des fêtes de Bafoussam pour un « giga meeting ». Le but visé par ce regroupement politique est de démontrer que le grand ouest soutient un homme qui trône depuis 37 ans à la tête du Cameroun.

L’autre objectif est surtout de condamner les actions de la brigade anti-sardinard qui a perturbé le séjour du chef de l’Etat camerounais en vacance en Suisse en l’empêchant de dépenser encore plus l’argent du contribuable dans un hôtel princier pendant que les jeunes porteurs de projets maquent 50 mille pour lancer leur projet.

Ainsi donc, au rythme du charter, des groupuscules de personnes sont quittés des sept départements de la région de l’Ouest pour converger vers la place de fêtes pour participer à une cérémonie de déification à l’endroit d’un homme qui souvent se fait représenter par sa photo. Comme il est de coutume dans ce genre de rendez-vous du manger et boire, les diseurs de bons discours ce sont succédés à la tribune pour faire le fanfaron. Dans ces discours ennuyeux, distillés à la foule venir justifier sa journée via un billet de banque, on parle de déstabilisation, d’ingérence. On dit surtout que ceux qui demandent à un président pourquoi, en 37 ans il n’a pas pu faire de son pays un eldorado pour aller troubler certains chez eux sont des « terroristes ».

On parle de tribalisme, de patriotisme, de pouvoir, de manger ensemble, mais on ne parle jamais du travail qui somme toute est à la base de tout développement d’un pays. Pas étonnant que pendant des années on est quitté du bord du gouffre pour faire un saut quantitatif et qualificatif à l’intérieur du gouffre.

Mais combien cette comédie a coûté aux pauvres contribuables camerounais ? Pour répondre à cette question je propose cet argument de Lucie Wassi : « la diversion est devenue une arme gouvernementale. On évite les vrais problèmes du pays, et on organise le bal des sorciers ou chacun vient faire sa démonstration honteuse, le pire c’est que cela se passe dans une ville abandonnée et délabrée comme un vieux torchon après usage. Comme j’aime le dire le tribalisme au Cameroun n’est pas le fait d’une communauté, mais institutionnel. Petite illustration ” le mixage culturel est une réalité, les gens dans les quartiers vivent en parfaite harmonie”, nos origines ne priment pas toujours sur nos relations. Le tribalisme n’apparaît que lorsqu’on parle de la gouvernance. Alors à qui cela profite ? Je reste convaincue que si les conditions de vie étaient meilleures, on n’en serait jamais là. Mais sérieusement ça frise la folie, toute votre fabrication autour de l’Ouest ” il n’y a de rebelles bamileke”, n’en déplaise il y a des Camerounais qui sont fatigués de la misère et qui veulent voir les choses changer. Arrêtez Votre tribalisme voilé, de l’Ouest, à l’est, au Centre en passant par le Grand Nord, le Sud et le Sud Ouest, il y a des gens qui veulent le changement. Et ces personnes ma foi aiment le Cameroun plus que ceux qui ne parlent de paix que parce qu’ils ont reçu quelques billets de banque, ou encore parce que leur revenu mensuel en dépend. Je dis non à la stigmatisation, et non à votre forme de tribalisme ».

A un moment où, pour la quasi-totalité des observateurs, le Cameroun a perdu la bataille du développement, où nos dirigeants sont submergés par des problèmes aussi difficiles les uns les autres et où, hélas la jeunesse camerounaise verse dans le désespoir, il faut dire à la jeunesse camerounaise que nos maux viennent simplement du fait que nous avons pris la mauvaises route, parce que nous n’avons pas voulu suivre celle qui avait été tracée par les combattants comme Moumié, Um Nyobe…

Et pour aller dans le sens de Abdoulaye Wade, qui pour parler comme un paysans dans son livre un destin pour l’Afrique, se pose cette question : puisque le chemin suivi j’usqu’ici nous a conduits dans l’impasse, pourquoi ne pas essayer un autre ? Un chemin où celui qui a faim a l’espoir de gagner son pain. Un chemin où celui qui a soif à l’espoir de boire à la vie. Un chemin où celui qui est en prison à l’espoir de n’être pas oublier par un système judiciaire qui ne protège que les riches. Un chemin où celui qui est nu et malade à l’espoir de ne pas être délaisser et conduit à l’abattoir par un système sanitaire où l’évacuation sanitaire est un mode d’emploi. Et si pour une fois ont laissait les bamilékés tranquille pour demander les comptes à un gouvernement qui ne rassure plus.

Armand-Rodolphe Djaleu

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