Home SPORTS Élection à la Fecafoot: le nouveau président sera le candidat de Samuel...

Élection à la Fecafoot: le nouveau président sera le candidat de Samuel Eto’o

374
0

L’assemblée générale élective à la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) se tient, sauf changement de dernière heure, ce mercredi, 12 décembre 2018. Les délégués des dix régions auront, à cet effet, l’occasion d’élire leur “meilleur candidat” parmi les sept postulants.

Mais comme d’habitude, l’expérience de l’organisation d’un processus électoral dans tout microcosme social laisse libre cours à des jeux de prises de positions des acteurs, à des luttes de positionnement, à des tractations de coulisses, ainsi qu’à des stratégies manipulatoires de l’opinion publique. Même l’élection à l’instance faîtière du football camerounais est marquée du sceau de ces jeux assortis d’enjeux, lesquels font transparaître, ces derniers jours, la conflictualisation des rapports entre les acteurs. Joseph Antoine Bell, Samuel Eto’o Fils et Albert Roger Milla font consommer au grand public une sauce pimentée, salée et alimentée de querelles ordurières éminemment intéressées en fonction du clan de chacun. Eh oui le factionnalisme, le clanisme et le sectarisme reprennent droit de cité dans les milieux du football en cette période électorale. Bientôt, l’ethnocentrisme sera remis au goût du jour pour semer davantage la pieuvre de la division entre ces éminents acteurs du sport-roi.

Le premier jeu interactif conflictuel a été servi au soir du dimanche, 9 décembre 2018. J. A. Bell, candidat à la présidence de la Fecafoot, invité à l’émission “L’arène” sur Canal 2 international, répond à une question de Thierry Ndoh, journaliste à “Sky one”, sur les mécanismes de rapprochement entre S. Eto’o Fils et lui. Les téléspectateurs découvrent, à la lumière des propos de l’ancien gardien de buts des Lions indomptables du Cameroun, que Eto’o a justement échangé avec l’ancien goléador de l’équipe nationale et lui a fait savoir que “Yaoundé a son candidat“, et qu’il peut, en revanche, travailler à l’intégration de J.A. Bell dans l’équipe dudit candidat. Histoire d’occuper la posture de Directeur technique national des Lions indomptables.

Dans l’imaginaire d’Eto’o Fils, “Yaoundé” revêt la signification symbolique de l’État du Cameroun, dont les gouvernants du régime veulent positionner le candidat du “9”. Mais, au fur et à mesure que les jours se sont écoulés, Bell, qui est mâture, se rend compte que Eto’o, son “fils”(cadet social), est, sans conteste, dans un jeu manipulatoire de sa personnalité. Question de faire main basse sur sa candidature qu’il a dûment présentée et de l’inciter, par corollaire, à rallier le camp de Seidou Mbombo Njoya, lui aussi candidat à cette assemblée élective.

En fait, d’après la représentation individuelle de l’ex-avant-centre du Cameroun, le candidat de “Yaoundé”, c’est Seidou Mbombo Njoya. Gilbert Kadji, un acteur éminent du football, l’a, de surcroît, fait savoir, le 30 novembre 2018, lors de la conférence de presse de l’ancien premier vice-président de la Fecafoot. Toute chose qui n’a guère laissé indifférent plus d’un dans la salle du Hilton hôtel ce jour-là. Rappelons, pour la gouverne de tous, que S. Mbombo Njoya avait démissionné en juin 2013 et avait appréhendé la Fecafoot comme un “panier à crabes”, ce qui l’avait courroucé au point de lâcher du lest et de rendre son tablier. Qu’est-ce qui explique alors le retour du fils du Sultan Ibrahim Mbombo Njoya cinq ans après avoir stigmatisé négativement la tour de Tsinga? Le “panier à crabes”, pour reprendre sa terminologie, a-t-il été émietté entre-temps de manière à faire, ipso facto, le constat de l’assainissement de l’entité hantée de l’instance faîtière du football? Questionnement au cœur des joutes. Fermons, d’emblée, cette parenthèse!

J.A. Bell a, pour ainsi dire, “ouvert le feu” sur S. Eto’o sur l’antenne télé. Toute chose ayant suscité la réaction fortuite de l’ancien attaquant des Lions sur son compte Instagram. T. Ndoh, un des co-interviewers, l’a, d’ailleurs, fait savoir à Bell vers la fin de l’émission “L’arène”. Dans sa réplique, le “9” a publié, chose curieuse, une conversation privée de Bell, qui a, effectivement, discuté avec lui sur son positionnement dans l’escarcelle de la Direction technique nationale des Lions indomptables. C’est tout à fait normal qu’il y ait, au regard de ce jeu électif, une constellation de tractations, d’interactions, de négociation, de concessions, de manipulations, d’inféodation, de valorisation et d’infériorisation. En répondant à Joseph Antoine Bell, Samuel Eto’o Fils n’a fait que accréditer, légitimer et confirmer ce que la légende du football Bell a dit au cours de l’émission mentionnée supra.

Incontestablement, c’est ma grille de lecture, si Eto’o Fils était sage et intelligent, il aurait dû garder mutisme. Parlons peu parlons vrai Eto’o aurait dû se taire!

S’étant donc rendu compte que Eto’o n’a aucune onction d’une autorité officielle donnée relativement à la légitimation de ce qu’il est convenu d’appeler ” le candidat de Yaoundé”, Bell a continué de mener sereinement sa campagne auprès des délégués de la Fecafoot. Par conséquent, le “9” a tenté d’instrumentaliser son”père” Bell pour l’inféoder à l’équipe de Seidou Mbombo Njoya, son candidat. Mais en vain!

Que dire pour conclure?

Le gratin du milieu du sport-roi sait, depuis le 30 novembre 2018, que le candidat de Eto’o Fils est le fils de Mbombo Njoya. Puisque G. Kadji l’a annoncé officiellement. Sachant, dans la même veine, que l’ancien attaquant de Fc Barcelone est, de façon permanente, en interaction avec les des barons du régime de Yaoundé, sachant aussi qu’il a œuvré, en septembre 2017, à la cooptation-nomination de Dieudonné Happi comme président du comité de normalisation de la Fecafoot, Eto’o veut, dans le même sens, jouir de cette stature d’influence sociale pour positionner son candidat à la tête de la tour de Tsinga. Enjeu qu’il cherche à atteindre depuis l’ère Iya Mohammed. La socialité et la sociabilité qui existent entre Happi et Eto’o résident dans le fait que le premier est l’un des avocats du second. Vu les interactions harmonieuses entre le patron administratif de la présidence de la République et cette gloire du football, l’on s’aperçoit que le “9” a disposé d’un entregent efficace et efficient pour faciliter, de manière latente, la cooptation de Happi, le 11 septembre 2017, à la tête du comité de normalisation, la seconde du genre après l’échec lamentable de la première instance dirigée par Joseph Owona, l’Agrégé de Droit constitutionnel. Puisque le fils de Ngambe avait réussi à positionner un membre de son conseil pour tenir les rênes de cette instance et gérer, durant cette période, l’assemblée générale élective, il veut, dans le même sillage, travailler à l’adoubement de Seidou Mbombo Njoya.

Comme il y a une corrélation entre le politique et le sport, il y a de fortes probabilités qu’il y ait, comme à l’accoutumée, l’immixtion du politique dans les affaires de sport et, par corollaire, l’incidence de l’intermédiation des barons du régime de Yaoundé dans l’érection et l’adoubement du fils du Sultan Mbombo Njoya, qui est, lui-même, un dignitaire du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Mbombo Njoya est une figure de proue du Rdpc, parti au pouvoir dans la région de l’Ouest, membre du bureau politique et Sénateur de cette communauté ethno-régionale. Il est à remarqué que non seulement Gilbert Kadji a trahi Eto’o en annonçant que le fils du sultan est son candidat, mais aussi et a fortiori, Eto’o Fils s’est, lui-même, trahi en opérant le jeu de négociation et de tractations avec Bell.

Il vaut mieux dissimuler ce type de manœuvres sous-jacentes pour ne pas être fiché et étiqueté, mais à partir du moment où vous participez à diffuser, sur la place publique, des échanges privés qui témoignent de votre capacité à influencer une échéance électorale à la Fecafoot, vous êtes labellisé. C’est pourquoi nous avons mentionné tantôt supra que Eto’o Fils n’est pas sage et intelligent. Nous l’assumons. Indéniablement, le fait que le “9” veuille positionner et adouber le fils du sultan participe, sans coup férir, à structurer, ce que Pierre Bourdieu, Sociologue constructiviste, appelle “la reproduction sociale” du “fils à papa” à la tête de la Fecafoot. Il s’agit là de la dynamique de la reproduction d’un fils d’une élite compradore pour gérer la tour hantée et boursouflée de Tsinga. Le “fils du bourgeois” acceptera-t-il d’être consommé par le reste des crabes ou les consommera-t-il avec délectation lui qui les abandonnés il y a cinq ans? A chacun(e) d’y répondre fort opportunément!

Profitez d’une base de données de plus de 2 2 000 visiteurs et:

Augmentez votre visibilité à l’échelle nationale et internationale

Menez vos campagnes    sur internet, le plus grand réseau de communication

Booster vos affaires

Publiez vos annonces à partir de 5 000 FCFA

CONTACT: 00 698 11 70 14

Facebook Comments

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here