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Edouard Kingue: “Sipa n’est pas mort”

Jbs, Jbeais, Anej dos Santos, Jean Baptiste Sipa ! Qu’importe, l’homme a noirci tellement de papier qu’on imaginait mal qu’il meurt dans le dénuement. Mais disait il souvent, « le linceul d’un journaliste honnête n’a pas de poche. »

La mort a fini par désosser la rédaction du Messager. Pius, Célestin Lingo, Eyoum’a Ntoh, Sipa…Dans une salle de rédaction vide de ses cadors, qui dira la terrible épopée de 1979, lorsque Njawe et moi somme allés, quittant la Gazette ou Sipa était notre père spirituel, pour ensemencer a Bafoussam, le symbole de la lutte pour la liberté d’expression.

J’étais l’ombre de Njawe. Le porte-plume. Quand Sipa nous retrouva en 1982, il prit la place qui lui revenait parmi nous. C’est lui qui inventa en 1986, le terme de ‘Renouveau originel’ dont le retour, face aux dérives, était revendiqué par Le messager et que Njawe, amplifiait dans toutes les tribunes du monde. Ce qui lui valu prison, bref exil au Benin et pour le Messager toutes sortes de techniques raffinées de censure.

Mais il y avait un veilleur : JBS gardait la boutique, rejoint par son ami Lingo revenu de son aventure ivoirienne a ‘Fraternité Matin’, mais surtout un certain ‘Kamoja Le Prince’, cheville ouvrière de la rédaction, haut fonctionnaire du ministère de l’information. Jacques Kamgang en paya du reste le prix fort, et n’eut été son ami Bandolo devenu entre temps ministre de l’information, sa carriere en aurait pris un sérieux coup.

Malgré les déboires professionnels, la rareté de salaires, une gestion personnalisée suscitant de nombreux départ : Richard Touna, Valentin Simon Nzinga etc., Sipa gardait la maison accompagné de jeunes loups, JF CHANNON, Souley Honohiolo et des intellectuels et universitaires attirés par notre vocation tribunitienne et décidés à en découdre avec ce régime liberticide…

Sipa était un journaliste très austère, guidé par des plaisirs simples, les plus minimalistes possibles. Écrire était sa passion. Même au niveau des rapports sociaux, il était comme disait Marie Bonaparte de Freud, « un des êtres les plus doux et les plus dénués d’agression et de méchanceté que l’on puisse voir. »
Que restera-t-il de lui ? Ni livres ni disciples. L’édition est mystérieuse au Cameroun. Les journalistes disparaissent à tire d’aile, happés par l’état sauvage ou chacun rêve de s’enrichir en devenant DP. Il y a tellement de gombo à ramasser pour la promotion des ripoux et la défense du statut quo politique…

Au Messager, la rédaction est vide de ses cadors. Sipa parti, je reste le seul de l’aventure de 79, le dernier des mohicans quoi !
Mais il y en a d’autres comme moi qui vivent leur drame, oublié dans un coin du salon, appelé ironiquement ‘LOPAIRE’, relique qui ne doivent pas se laisser enterrer vivant, arc-bouté sur l’écriture et pourquoi pas une vie associative des journalistes du 3e âge. Jean Paul Nsah Voundi, Amadou Vamoulke, Jaques Blaise Mvie le papy dandy, Jacques Doo Bell et j’en oublie. Si Sipa est resté si jeune jusqu’a 81 ans, c’est parce qu’il pratiquait le meilleur des sport, le sport cérébral. Et le cerveau c’est la vie. L’écriture est un sport qui maintien le cerveau en activité. Et à cet âge, on a plus peur d’aller en prison pour ses idées…

 

Un texte d’Edouard Kingue

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