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Dieudonné Yebga : « il faut un fédéralisme à deux Etats »

L’homme politique et président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), dont la franchisse ne fait plus l’ombre d’un doute est le grand invité de votre journal en ligne, www.lewouri.info. Dans cette interview, il donne un regard objectif de la situation sociopolitique que traverse le pays de Um Nyobe (Cameroun), et pense sans ambages que la sortie de crise est un retour à la forme de l’Etat de 1972 : le fédéralisme à deux Etats. Soucieux de l’avenir du Cameroun, il revient aussi sommairement sur la tactique de libération du peuple camerounais via les élections, notamment les locales à venir : « nous insistons sur la responsabilité des démembrements communaux d’Elecam, qui sont une boîte noire et même le laboratoire de tout ce que nous décrions depuis lors », lance l’homme politique. Cette stratégie est contenue dans une sortie publiée ce 10 juin 2019 sous forme d’un appel au peuple camerounais. L’entretien est mené par Armand-Rodolphe Djaleu directeur de publication de www.lewouri.info.

 

Merci de répondre aux questions de www.lewouri.info, c’est un regard alternatif du Cameroun sur la toile. Vous venez de publier un pamphlet avec un titre fort évocateur : Appel du peuple. Il s’agit pour vous de mettre en branle sept actions pour gagner une élection avec une mauvaise loi électorale. Pourquoi, c’est seulement maintenant que vous proposez une telle démarche ?

(Soupires). Merci pour l’intérêt que vous portez pour notre organisation. Pour ce qui est de notre publication de ce lundi, comme vous le  motionnez si bien,  nous soutenons toutes les actions qui convergent vers un changement véritable dans notre pays. Nous apprécions tout ce qui a été fait dans ce sens, là. Toutefois, nous constatons qu’il y a certains acteurs politiques qui sont là pour distraire le peuple. C’est la raison de notre sortie, d’autres sorties  suivront par la suite.

A lire attentivement vos sept propositions, il semble qu’elles abondent dans le même sens que les initiatives proposées par d’autres organisations comme la Coacic et la plateforme Kawtal. Pourquoi ne pas rejoindre l’une de cette plateforme pour une bonne efficacité ?

Comme j’ai mentionné plus haut, nous apprécions tout ce qui a été fait.  Nous insistons sur la responsabilité des démembrements communaux d’Elecam, qui sont une boîte noire et même le laboratoire de tout ce que nous décrions depuis lors. Notre souhait est que cet élément (démembrements communaux d’Elecam) soit intégré dans la stratégie des autres plateformes existantes. C’est la raison de notre sortie. Quand nous regardons les sorties des autres plateformes, on constate qu’il n’y a pas une insistance sur cette partie.

L’idéal que vous proposez est porté par le président du parti politique que vous êtes. Une paternité qui vous est contestée par le ministre de l’Administration territoriale. Est-ce que dans un tel contexte, votre démarche reste toujours d’une légitimité certaine ?

(Rires). Ce n’est pas le ministre de l’Administration territoriale qui désigne les responsables des partis politiques. Les compétences du ministre se limitent à la suspension, à la légalisation ou à la dissolution des partis politiques. En outre, quand il y a divergence dans une organisation associative comme notre parti politique, seul le tribunal peut trancher cette affaire. Nous avons porté cette affaire en justice, seule la décision de justice pourra nous faire reculer.

Comment se porte le Manidem aujourd’hui ? Peut-on espérer une réconciliation certaine dans les prochains jours avec vos frères de l’autre bord ?

C’est malheureux et regrettable de constater que certains de nos camarades d’hier roulent contre le peuple camerounais. Nous nous sommes engagés à lutter du côté du peuple et nous ne faillirons point. Vous savez, il y a un message d’outre tombe de Ruben Um Nyobe qui disait : « les traitres défileront tour à tour devant les écrans lumineux », c’est ce qu’on est entrain de voir.

Pour faire simple, deux régions du Cameroun sont dans une guerre de sécession sans lendemain, mais vous au Manidem comme plusieurs autres acteurs politiques de l’opposition ne surfez que sur les élections à venir. Est-ce que l’opposition camerounaise n’a pas un problème aujourd’hui ?

Si vous avez lu plus en profondeur notre sortie de ce lundi, nous avons fait une lecture critique de la situation sociopolitique de notre pays, rappelant au passage que c’est en novembre 2016, que nous avons fait une sortie pour dire oui au dialogue. Nous disions aussi en 2016,  que le Cameroun se portait mal, le régime a gâté le pays, il nous faut les états généraux de la nation. Ce n’est qu’à partir de cela, que nous allons définir ce que nous voulons pour le Cameroun. Nous savons que le régime actuel ne peut pas faire le dialogue et  va nous entrainer aux élections, c’est pour cela que nous avons fait cette proposition.

Quand on jette une vue panoramique sur la situation sociopolitique du Cameroun en ce moment, vous en tant que patron d’un parti politique, ne craignez pas pour l’avenir de ce pays ?

Il faut avoir immensément peur du lendemain, parce que monsieur Biya et son entourage s’entêtent.  Nous devons absolument trouver une solution. La seule solution aujourd’hui, c’est le dialogue. Pour sortie de la crise actuelle, il faut un fédéralisme à deux Etats. Nous ne l’avons pas souhaité mais cela s’impose à nous. Nous sommes obligés de revenir à la forme de l’Etat qui était là depuis 1972 pour calmer le jeu.

Un mot pour les internautes lecteurs de www.lewouri.info

J’exhorte tout un chacun à rester vigilant. Qu’on ne vous trompe pas qu’il n’y a pas le vivre ensemble. C’est le régime en place qui fragilise l’action politique qui a été mise sur pied, la capacité de créer autant de partis politiques, plus que des ethnies. C’est le régime qui fait travailler cette division. Pourquoi c’est seulement aujourd’hui qu’on parle du vivre ensemble, alors que tous ceux qui sont à Buéa,  Yaoundé, Kumba…, ne font pas la différence entre les ethnies ? Il faut faire fi à ce message de haine qui nous ait distillés par le régime. Nous sommes tous des Camerounais.

Entretien mené par Armand-Rodolphe Djaleu: lewouri.info

 

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