Home PRESIDENTIELLE 2018 Dieudonné Essomba : « voter Osih, c’est se donner une chance de sortir du régime neocolonial »

Dieudonné Essomba : « voter Osih, c’est se donner une chance de sortir du régime neocolonial »

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Ceux qui viennent s’agiter en croyant battre Biya comprendront trop tard la vraie nature du régime néocolonial qui est au Cameroun.

Le régime néocolonial est une structure pyramidale qui se revêt des traits d’un Etat unitaire, mais qui n’en a ni la nature, ni la fonction. C’est une structure de prédation récupérée par les élites locales des mains des colons à l’Indépendance et qui fonctionne avec le même modèle, la seule différence étant que les nouveaux maîtres sont des nationaux.

Le régime néocolonial fonctionne sur le modèle consociationnel : pour se pérenniser, il est obligé de museler les Communautés en partageant l’Etat entre les élites issues des divers segments communautaires, à travers des pratiques comme l’équilibre régional, la représentativité sociologique dans les diverses listes ayant accès aux avantages publics, la création des élites politiques fidèles au régime dans chaque communauté, les antagonismes entre les Communautés.
Néanmoins, ce modèle n’est pas satisfaisant, car du fait de l’extrême centralité du pouvoir c’est le Chef qui a tout, qui règle la musique et surtout, qui gère seul l’énorme cagnotte de 4.500 Milliards du budget.

D’où une attractivité magnétique qui, dans une ambiance de paupérisation et de sous-développement, font des élections présidentielles un bras de fer tribal. Cette situation entraîne des coalitions ethnorégionales plus ou moins fines, qui vont s’exprimer concrètement par des votes très homogènes par sections géographiques et c’est cela qui va se manifester systématiquement dans toutes les élections des Etats dits unitaires en Afrique Noire.

Au Cameroun, on a clairement deux groupes qui se sont historiquement distingués par leur attitude vis-à-vis de l’autorité politique, que ce soit pendant la colonisation ou après.

LES POPULATIONS MODEREES, plus fidèles à l’ordre établi et qui manifestent rarement des comportements de défiance vis-à-vis des autorités en place. Elles comprennent :

-le Grand Centre, regroupé autour du bloc Ekang (21% de la population camerounaise renforcé par des populations apparentées de l’Est et du Mbam-et-Inugu (6%), soit plus du quart de la population ;

-le Grand Nord, réparti en un bloc Fulanisé (10% de Fulbé et 8% d’assimilés) et les Paléosoudanais (15%, essentiellement des populations dites Kirdi), soit le tiers de la population ;

-le Noun, regroupant 3% de la population.

Les populations modérées représentent 60% de la population du Cameroun. Elles ont tendance à avoir le même vote lorsqu’elles ne s’opposent pas. Autrement dit, lorsque le Grand Nord et le Grand Centre n’ont pas chacun un candidat, alors ils ont tendance à voter le même candidat.
Ainsi, lors des élections de 1992, le Grand Centre avait voté massivement Biya et le Grand Nord s’était partagé pour 18% à BELLO BOUBA et 12% à Biya. Mais aux autres élections, elles votent préférentiellement BIYA.

LES POPULATIONS CONTESTATAIRES, en raison de leur réaction généralement plus accentuée contre les pouvirs en place, de la colonisation jusqu’à nos jours et qui comprennent :

-l’Ouest Bamileke, avec 15% de la population, renforcé par le Nord-Ouest avec 12%, soit un peu plus du quart aussi.

-Le Grand Littoral, essentiellement Bassa et Sawa, avec apparentés, formé de 14% de la population.
Ce bloc est politiquement très hétérogène et se partage aujourd’hui entre les factions de l’UPC, le SDF, le MRC, etc.

Pour la Présidentielle de cette année, les populations modérés ont présenté 3 candidats :
-Paul BIYA, le Président sortant ;

– GARGA HAMAN ADJI, seul candidat du Grand Nord qui reconnait lui-même être au service de son Excellence le Président Paul Biya à qui il rend un vibrant hommage pour l’avoir sauvé de la mort, et qui de toute façon, ne manifeste aucune envie d’en découdre avec son Grand-frère et Grand Ami!

-Adamou NDAM NJOYA, confiné essentiellement dans le Noun.
En réalité, ce bloc qui représente 60% de l’électorat présente un seul candidat.

De l’autre côté, les populations contestataires se retrouvent avec 6 candidats très visibles et très agités.

Or, dans cette histoire, il fallait partir d’un principe : dès lors que le Grand Centre et le Crand Nord s’entendent sur un candidat, les élections sont pliées. Il n’y a plus rien à attendre pour les autres! Ni l’agitation médiatique, ni les meetings à Douala ne peuvent rien y faire.

Dès lors, la bonne démarche eût consisté à ne pas poser le problème en termes de remplacement de Biya, ce qui nous conduisait tout droit dans un bras-de-fer tribal qui lui est trop favorable.

Il fallait tout simplement transformer cette élection en un plébiscite sur un nouveau modèle d’Etat, une rupture radicale sur la manière dont nous devons nous réorganiser. Le problème n’était donc pas de chercher qui remplacer Biya pour faire mieux que lui, mais opposer un nouveau modèle plus approprié pour le développement et le vivre-ensemble harmonieux à celui de Biya qui est obsolète et périmé.

Voilà ce qui aurait pu démanteler ce système et ce modèle de ping-pong qualifié d’Axe Nord-Sud qui nous plombe et risque encore se poursuivre tant qu’on reste dans ce système.

Le candidat le plus qualifié pour porter ce modèle est bel et bien OSIH et il est impératif que les autres le suivent immédiatement, car il est encore temps. Mais si ces autres candidats persistent dans leur entêtement de mule, les résultats seront terribles et compromettront à jamais leur avenir politique. Car à ce moment, BIYA va bel et bien gagner avec au moins 80% des voix, suivi de très loin par OSIH. Les autres se contentant des broutilles.

Car, il ne faut jamais l’oublier : avec ces candidats multiples, les communautés qui sont conscientes des enjeux de la succession auront un comportement de prudence. On connaît Biya et ses terribles vengeances : la tribu qui fait l’idiote se placera d’office hors des cercles de décision, là où les choses vont se décider quand il ne sera plus là.

Il ne sert donc absolument à rien à poursuivre un combat parfaitement inutile.

Il faut combattre Biya et son vieux régime en votant OSIH.

Dieudonné ESSOMBA

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