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Dieudonné Essomba: LE PROBLÈME DU POUVOIR AU CAMEROUN

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LE PROBLEME DU POUVOIR AU CAMEROUN

Contrairement à la croyance commune, le problème posé par le pouvoir au Cameroun n’est pas le mode d’accession à la Présidence de la République à travers des lois électorales honnêtes et rigoureuses, tout cela n’étant qu’un éphiphénomène. Le vrai problème se situe dans la nature fondamentale de ce poste comme centre exclusif de partage des avantages publics.

C’est le monopole dont le poste s’est arrogé de distribuer la totalité des ressources collectives de la Nation qui pose problème, car elle requiert des exigences de rigueur et de justice impossibles à réaliser de manière opérationnelle. Comment en effet répartir les 4.500 Milliards du budget collectif aux Communautés en termes d’emplois, de positions de pouvoir, d’infrastructures collectives et de rentes de situation sans attirer des récriminations et des abus ?

C’est cela le problème fondamental du pouvoir dans notre pays. Quelle que soit la clé de répartition que va observer celui qui est au pouvoir, sa méthodologie sera toujours contestée. Précisément parce qu’il est impossible d’avoir une perception unanime de la notion de « justice sociale ».

Prenons le cas si querellé de « l’équilibre régional » : est-il juste ou non ? Pour certains, il est injuste et favorise la « médiocratie », car il évacue des citoyens au profit d’autres moins performants, dans un pays où on proclame pourtant l’égalité des citoyens.

Mais pour d’autres, l’équilibre régional bâtit la justice et l’unité par sa nature même. Par définition, il réalise mécaniquement la réprésentativité aliquote des populations, ce qui est bien la définition d’un système inclusif. Et de ce point de vue, il est un fait constant dans l’Humanité : lorsqu’une Communauté proteste qu’elle est exclue dans un pays, on ne va pas regarder les notes de ses citoyens dans les concours adminitratifs : on vérifie tout simplement si sa représentation démographique est respectée dans le partage des avantages publics, et notamment des emplois et des postes de pouvoir.

Du reste, on voit mal comment on percevrait des impôts sur une communauté pour payer les salaires des agents publics, tout en excluant ses enfants de ce salaire au motif qu’ils seraient idiots ! La raison d’une sécession est toute trouvée : si une communauté se retrouve idiote, qu’est-ce qu’elle fait donc ensemble avec des communautés intelligentes ?

Et son attitude serait d’autant plus compréhensible que si ces Régions avaient été des Etats, de tels Etats auraient parfaitement fonctionné sans recourir aux étrangers pour avoir des médecins ou des enseignants ! L’unité nationale ne saurait donc être un mécanisme de spoliation des droits que les Communautés auraient eus si elles avaient été des Etats indépendants !

On peut également prendre un second aspect du blocage d’un tel pouvoir d’Etat, à savoir la répartition des postes politiques. Il est commun et conforme à la démocratie qu’après les élections, ceux qui ont gagné s’approprient les postes du Gouvernement afin de réaliser le programme pour lequel ils ont été élus.

Seulement, ce principe est mis en défaut dans notre environnement sociologique où les gens votent suivant des référents tribaux. Dès lors, une telle pratique va nécessairement s’identifier à l’exclusion des tribus qui ont voté l’opposition, et corrélativement, à des avantages exorbitants des tribus qui sont du côté des vainqueurs. Autrement dit, ce principe démocratique qui parait séduisant sur le plan théorique se transforme à l’application en un tribalisme d’Etat.

Ces deux exemples et bien d’autres montrent le caractère défecteux de notre système politique. Ce système a été conçu sur la base des Nations relativement homogènes ert développées dans lesquelles les segmentations sub-étatiques n’ont qu’une expression marginale. Pour l’appliquer chez nous, on a décrété la nation, de manière administrative, et on s’est mis à jouer la comédie d’une unité à laquelle personne ne croit.

Un tel modèle ne peut aller loin puisqu’artificiel, menteur, coûteux et porteur de guerre. Il ne peut jamais extraire la politique du tribalisme et transforme les élections, intrinsèquement, en un terrible bras-de-fer tribal.

Des gens sensés ne peuvent pas indéfiniment vivre dans un tel artifice. Au nom d’une idéologie idiote et défectueuse, nous acceptons une créature macrocéphale que nous appelons « Etat unitaire » qui prétend bâtir une Nation, mais en réalité, qui n’est qu’une sorte de têtard institutionnel dont la tête monstrueuse absorbe la substance vitale de la Nation réelle qui existe et n’a plus besoin d’être construite.

Il faut sortir absolument de modèle, en adoptant « l’Etat Segmentaire », seul modèle viable dans nos pays et propice au développement, et qui prolonge non seulement les Etats précoloniaux africains, mais même nos communautés modernes.

L’Etat Segmentaire que nous devons appliquer au Cameroun est structuré en 4 niveauxc :

1. Les Communes, qui sont l’équivalents des clans, et auxquelles est affecté collectivement une dotation globale de 5% des 4.500 Milliards du budget, soit 225 Milliards. Une Commune est une entité dont la population moyenne est de 5.000 habitants et d’une superficie de 100 km2. Chaque Commune s‘occupe de son développement communautaire, de la solidarité (assurances-maladies, bourses, etc.) et des activités traditionnelles, en association avec son Canton. Le Cameroun disposera de 5.000 Communes et chaque Commune bénéficiera d’une dotation de 45 Millions de CFA qu’elle gère de manière souveraine.
La gestion des Communes est de type traditionnel : il n’y a pas d’élections, les responsables étant choisis suivant les mœurs et coutumes dans les familles ou les communautés en faisant partie. Elles peuvent mener des travaux collectifs et percevoir des impôts per capita, en nature, en numéraires ou en industrie.

2. Les Cantons, qui sont l’équivalent des tribus, et auxquels est affectée collectivement une dotation globale de 15%, soit 675 Milliards sur le budget. Les Cantons s’occupent de tout ce qui est gestion des infrastructures sociales, en particulier des établissements scolaires, des établissements de santé, des marchés périodiques, de l’électrification des ménages, de l’eau, de l’entretien des pistes, de la police Cantonale, de la justice locale, etc. Le Cameroun dispose de 100 Cantons et chaque Canton dispose de 6,75 Milliards de FCFA.

3. Les Etats Régionaux qui sont l’équivalent des segments ethnorégionaux du Cameroun et auxquels sont affectés collectivement 30% du budget de l’Etat, soit 1.350 Milliards de CFA. Un Etat régional ou Nomastie est une fédération de Cantons qui gèrent toutes les activités relatives à un Etat souverain sur son territoire, à l’exception des domaines réservés à la Fédération et dans le cadre des lois compatibles avec la Loi Fédérale. Font aussi exception les domaines affectés aux Cantons et aux Communes sur lesquels il n’exerce qu’un encadrement technique. Les Nomasties s’occupent notamment de l’Enseignement Supérieur hors domaine de souveraineté, des routes bitumées et des infrastructures lourdes, de la bourse des étudiants, de la Police Régionale, etc.
Aux Etats Régionaux, on peut ajouter les Territoires fédéraux qui sont des Grandes villes ayant elles-mêmes le statut d’un Etat : Yaoundé, Douala, mais aussi Garoua et Bamenda.
Pour ses missions, chaque Nomastie bénéficie en moyenne de 120 Milliards de FCFA.

4. L’Etat Fédéral, qui incarne la Nation, et s’occupe des secteurs stratégiques (défense, police spécialisée, affaires étrangères, monnaie, politique économique), des infrastructures de haut niveau (autoroutes, barrages hydroélectriques, ponts, …), des activités de coordination (administration générale, norme, statistiques, etc.), des Ecoles de souveraineté (Police, Armée, Magistrature, etc.).

Voilà en définitive comment le Cameroun doit être organisé de manière optimale. Chaque niveau dispose de ses propres organismes délibérants, de ses organes de contrôle de son argent et de sa Fonction Publique.

Quand l’argent vient, il est automatiquement partagé au prorata. Il n’y a pas de débat en matière d’argent !

Appliquez ce modèle, et toutes les difficultés politiques que vous avez au Cameroun vont disparaitre.

Dieudonné ESSOMBA

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