Home PRESIDENTIELLE 2018 Décryptage du discours présidentiel: l’appel des sécessionnistes au cessez-le-feu

Décryptage du discours présidentiel: l’appel des sécessionnistes au cessez-le-feu

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Dans son adresse devant les membres du Conseil constitutionnel, les députés, sénateurs, membres du corps diplomatique et des corps constitués à l’Assemblée nationale, le Président de la République, ré-élu le 7 octobre 2018, vient de demander aux séparatistes de cesser tout acte de bellicisme afin de rétablir la paix et l’union dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest Cameroun.

C’était au cours de la prestation de serment au cours de laquelle Cavaye Yeguié Djibril, président de l’auguste chambre, a prononcé, pendant près d’une trentaine de minutes un discours inaugural devant une fourchette de candidats malheureux à la présidentielle- Joshua Osih; Garga Haman Adji; Serge Espoir Matomba et Ndifor Franklin Afanwi-.

Je leur lance un appel à déposer les armes et à retrouver le droit chemin”. C’est la phrase essentielle que Paul Biya a prononcée dans son allocution de 19 minutes devant le parlement camerounais. Question d’appeler les “entrepreneurs de la guerre à faire régner, à nouveau, le calme et la sérénité et de restaurer la stabilité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Pour ce faire, des moyens sécuritaires seront mis à contribution pour y parvenir.”Que les entrepreneurs de la guerre sachent qu’ils feront face à des moyens des forces de sécurité et de défense!”.

Dans l’optique de trouver des voies et moyens pour régler le contentieux anglophone qui sévit depuis octobre 2016 dans les zones anglophones, le Chef de l’Etat prévoit l’accélération du processus de la décentralisation, qui reste, pour le chantre du système en place, la panacée dans le dessein d’apporter des réponses aux préoccupations des séparatistes. “Je leur demande de ne pas perdre espoir et d’accorder un intérêt aux forces de défense et de sécurité pour retrouver la paix”, conclut P. Biya, qui espère la re-construction des zones anglophones et le retour des activités économiques et sociales.

Au-delà des mesures sécuritaires, le Chef de l’Etat planche sur les mesures économiques, lesquelles s’inscrivent en droite ligne de la construction d’un plan directeur de l’industrialisation, dont la réalisation est une mission majeure du septennat des grandes opportunités. C’est, en effet, à la faveur de cette politique industrielle que les barrages et centrales hydro-électriques construits, depuis des années, devront permettre de répondre aux exigences de l’économie camerounaise. Relativement au domaine économique, les grands défis et les engagements pris supposent, selon le dirigeant du pays, que des conditions de stabilité et de sécurité soient réunies. Pour cela, il est idoine, poursuit l’homme du 6 novembre 1982, de se fixer l’objectif de l’émergence, lequel reste, annonce-t-il, un “grand objectif à atteindre”. Globalement, il est urgent, souligne P. Biya, de “poursuivre le processus des réformes structurelles dans le dessein du redressement de la situation budgétaire”.

Bien qu’un programme économique et financier avec le Fond monétaire international (Fmi) soit en cours, il est loisible, pour le Cameroun, de tenir compte des mutations internationales en cours. Actuellement, relève le Président de la République, “les tendances au protectionnisme et à l’isolationnisme ont des effets déstabilisateurs sur le cours mondial des économies internes”.

A titre d’illustration, signale P. Biya, il y a, entre autres, les changements climatiques sur le monde rural. Dans la perspective, pour le Cameroun, de ne pas subir les effets pervers de ce contexte supra national, il faut, nécessairement et à long terme, une politique permettant de re-équilibrer la balance commerciale, de révolutionner la production agricole avec la mise à la disposition des bassins de production et de stockage des denrées vivrières. Toute qui chose qui représente, selon la figure de proue du Renouveau, le “grenier de l’Afrique centrale”. P. Biya persiste et signe qu’il ne délaissera pas les zones rurales. C’est pourquoi il annonce, fort opportunément et pour ce septennat, la création des infrastructures de communication, au rang desquelles figurent les routes, les ports et les aéroports.

La jeunesse, fer de lance de la nation de la philosophie biyaiste du renouveau, n’est pas le parent pauvre du discours présidentiel. En effet, en dépit du faible taux de participation des couches juvéniles au scrutin du 7 octobre 2018, Biya reconnaît, tout de même, que ce maillon de la chaîne sociale a une contribution à apporter à l’essor du pays. C’est la raison pour laquelle le “père de la nation” dit à cette catégorie sociale: “L’avenir de demain se fera avec vous. Le pays s’engagera, avec confiance, dans la modernité et la sécurité”. Le président national du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) fait savoir à cette couche de la population qu’elle sera, dans les mois à venir, représentée dans les sphères de prise de décisions des strates administratives. Aussi le Chef de l’Etat envisage-t-il de créer une matrice d’emplois pour les jeunes. Question de leur faciliter les trajectoires d’ascension, de mobilité et d’intégration sociale, leur offrir les possibilités en matière de professionnalisation, de leur améliorer l’accès aux services publics et de financer un dispositif de politique publique d’habitat social et de construction d’un patrimoine culturel fiable. L’organisation de la plus grande compétition planétaire dans le continent noir n’est pas en reste. Le “premier sportif” fait un clin d’œil aux férus et mordus du ballon rond et fonde ses espoirs sur la tenue de la Coupe d’Afrique des nations de football (Can 2019), qui reste et demeure un pari qu’il compte gagner dans les prochains mois pourvu que le socle infrastructurel soit fort implanté dans les régions camerounaises.

De manière générale, en jetant un regard holistique sur l’adresse du “prince du renouveau”, il s’agit de tenir compte de quatre déterminants, en l’occurrence la consolidation des acquis, la saisie des opportunités d’un monde en constante évolution, la poursuite des réformes institutionnelles et l’optimisation des finances saines, condition sine qua non de l’attractivité d’une économie. Cependant, il est à noter que le Chef de l’État n’a pas actualisé son allocution ce mardi, 6 novembre 2018 tant il n’a aucunement fait mention de l’enlèvement de 78 élèves de la Presbyterian secondary school de la localité de Nkwen dans le 3ème arrondissement de Bamenda, capitale régionale du Nord-Ouest. Il est hors de question qu’un incident d’une telle essence se produise aux premières du 5 novembre 2018 et que cela n’émeuve pas Paul Biya 24 heures après.

L’on dirait que le Président de la République fait tabula rasa de cette étincelle insécuritaire, dont la progéniture scolaire a fait les frais. Toute chose qui enlise, sans doute, les parents dans l’émoi et la consternation ne sachant où se trouvent, deux jours après, leurs enfants. Biya y cerne-t-il, a contrario, une certaine mise en scène au regard du caractère théâtral du kidnapping de ces minorités sociales?

Ne pas en faire allusion dans son allocution traduit une négligence manifeste du département de la communication de la Présidence de la République, lequel a fait preuve d’incurie, en ne soulignant pas, au moins dans le volet sécurité, cet acte d’enlèvement des élèves dudit établissement. A présent que le discours présidentiel de la prestation de serment est formulé, l’on n’attend que juger le maçon au pied du mur. Occasion qui nous permettra, si Biya achève ce septennat, d’évaluer les acquis et les passifs de ce nouveau mandat à la tête de L’État du Cameroun.

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