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Crise sociale et politique au Cameroun: ce qui ne s’exprime pas s’imprime

Nous observons depuis un temps l’effervescence des débats autour des libertés d’individus notamment la liberté de manifester et de faire attendre sa voix. Cette liberté qui est mise à mal par les tenants du pouvoir qui utilisent à cet effet, quelques articles de loi tirés à la volée pour défendre leur position.

Et des manifestants, qui dans la même loi, extirpent eux aussi quelques morceaux choisis pour marcher malgré l’interdiction des tenants du pouvoir. Ce climat délétère crée une atmosphère ou la peur a pris le pouvoir. Cette peur entretenue par les policiers, les gendarmes, les citernes d’eau, des matraques, des armes, des arrestations, des intimidations (physique et virtuelle) et bien d’autres afin de dissuader les manifestants d’exercer leur droit. Ceci semble ne pas fonctionner, d’autant plus qu’ils continuent de marcher : résultat de course, ils continuent de remplir les prisons qui semblent ne plus contenir les vrais voleurs et récalcitrants de la société. Ce que le gouvernement empêche aux populations d’exprimer finira par s’imprimer en eux et là, je pense qu’ils auront créé d’autres problèmes beaucoup plus difficiles à gérer que les marches pacifiques.

Il faut laisser les gens s’exprimer : car lorsqu’on s’exprime, on se libère et on est à même de comprendre l’autre. Refuser aux personnes de s’exprimer c’est préparer une société de frustrés, de futurs rebelles, c’est préparer les futurs séparatistes. Lorsqu’on refuse aux gens de s’exprimer, leurs colères et ressentiments s’impriment dans leurs esprits. Ils deviennent différents et il faudra énormément d’effort pour les récupérer. Ce qui ne s’exprime pas s’imprime : lorsqu’une frustration ne s’exprime pas, elle s’imprime dans l’esprit. C’est-à-dire qu’elle fait désormais partie de nous, qu’elle nous définit. Or l’esprit est la source de tout pouvoir comme le martèle Socrate. Il faut donc protéger ce pouvoir, afin de ne pas l’abimer. Car ce qui nous affecte, nous infecte : laissons nos colères, nos ressentiments, nos peurs, nos incompréhensions, nos frustrations, nos observations se manifester ou s’exprimer dans un cadre bien défini afin qu’elles ne nous infectent pas. Il faut juste encadrer les marches et laisser les marcheurs s’exprimer.

Le gouvernement qui refuse aux uns et autres de manifester leur colère sera toujours confronté à un tel problème ou à un autre plus grave. Ce à quoi l’on résiste persiste. Il n’y a que trois solutions : soit éradiquer tous les mécontents (tous ses ennemis) comme le conseil ROBERT GREEN dans son livre « les 48 lois de pouvoir », ce qui est impossible vu l’état du pays actuel : le gouvernement risquera alors de supprimer la majorité des Camerounais ; soit convaincre les marcheurs de travailler avec eux (On l’observe notamment avec certains farouches opposants d’hier devenus meilleurs défenseurs de l’homme du 6 novembre) ; soit éviter de résister et trouver les voies de contournement en écoutant l’autre, en créant des cadres d’expressions populaires qui permettront aux partis politiques, société civile et bien d’autres constituantes de la nation de véritablement contribuer à trouver une solution durable aux problèmes du Cameroun. Il ne sert absolument à rien de résister quand le changement frappe à la porte, le mieux sera de l’embrasser et de le modeler en fonction des besoins de notre société : le changement est là et personne, je dis bien personne ne pourra l’arrêter. La forme de l’état qui fut tabou hier est désormais un ingrédient incontournable de la solution au problème camerounais. On ne peut fuir infiniment nos problèmes, ils finiront par frapper de nouveau à notre porte : confrontons-les. Car ce à quoi l’on fait face s’efface. Affrontons nos problèmes.

L’essence de tout être humain est la liberté, c’est-à-dire sa capacité à agir sans contrainte. Un être libre est donc celui qui n’est pas en captivité, qui est capable d’agir quand il veut, qui a le pouvoir de faire ce qu’il veut. Est-ce que nous pouvons dire à l’état actuel, qu’un individu lambda est libre dans notre pays ?

Éviter de fabriquer les rebelles de demain dès aujourd’hui en empêchant les marches pacifiques.

 

Berlin DJIONANG

Libre penseur
Yaoundé, le 13/06/2019

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