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César Tchoffo:”J’ai mal quand un africain critique la colonisation et vit en oxydent”

Lorsque je finissais mon roman sur le puissant rôle que la femme peut jouer sur l’éclosion de l’Afrique, je suis tombé sur l’histoire de Harriet Tubman, celle qui figurera, en 2020, sur les coupures de 20 dollars aux USA. C’était une militante abolitionniste qui était morte dans l’anonymat.

Elle sera ainsi la première personnalité noire, mais également la première femme, en un siècle, à figurer sur le billet vert. Comment en est elle arrivée là ?

En effet, pour fêter le 💯 ème anniversaire du droit de vote chez les femmes, les autorités américaines ont lancés une consultation pour identifier celle qui incarnerait mieux les valeurs fondementales des USA. Trois noms se sont dès lors détachées : Eleanor Roosevelt, la première dame emblématique du 20ieme siècle. Rosa Parks, l’icône de la lutte pour les droits civiques et Harriet Tubman. Mais c’est Tubman qui a été désignée. Qui est elle ?

Elle naquit en 1822 dans le Maryland, dans l’État de Washington. Elle se fait esclave dès l’âge de 6 ans. Troublée, elle s’en fuira en Pennsylvanie, puis au Canada, après 21 ans d’esclavagisme.

Quelque temps plus tard, les États Unis rentrent dans la guerre de sécession, c’est alors que “la Moïse noire” reviendra dans son pays et rejoindra le mouvement des combattants. Elle plaide alors, au prix de sa vie, pour l’abolition de l’esclavage. C’est alors que le 18 décembre 1865, le treizième amendement de la construction est prononcée. On se rappelle d’un certain Abraham Lincoln aux côtés de Harriet Tubman.

Aujourd’hui les États Unis sont prêts à faire de cette brave dame une personnage important des 9 milliards de billets de 20$ en circulation dans leur pays. Tubman est décédé dans les années 1913, un an avant le début de la première guerre mondiale. C’est justement après cette guerre que le Cameroun est confié à la France et la Grande Bretagne.

Malheureusement, 58 ans après la colonisation, pendant que les Américains s’apprêtent à valoriser leurs héros, nous en sommes encore à pleurnicher de ce que les occidentaux nous ont fait. Je crois quand même que ça laisse songeur.

C’est encore plus songeur lorsqu’on se rend compte que ce sont ceux qui ont abandonné leur pays dans la crise qui s’insurgent le plus contre le désastre de la colonisation. À un moment donné, il faut un peu d’honnêteté personnelle. Je ne dis pas que je dois imposer les sujets de discussion à la diaspora. Mais de grâce, nous avons plus besoin de leurs analyses ici au Cameroun.

La situation est grave et pourtant, avec leur niveau d’éveil, suite à leur nombreux voyages, je pense qu’ils seraient plus utiles au Cameroun qu’en dehors. Je me sens souvent très gêné lorsqu’une personne reste en Belgique et dit que le Cameroun ne se développe pas parce que les enfants regardent Novelas TV.

Tout le monde sait cela ici. Le problème c’est que personne n’a l’argent pour organiser les émissions de divertissement, les show Times comme les anglais disent. Vous dites que les jeunes regardent beaucoup Canal+ et la champion’s league. Oui, le truc c’est que plus nous regardons plus les blancs s’enrichissent. Car aucune chaîne Camerounaise ne produit les images d’aussi bonne qualité. Et à peine nous partons dans les stades.

Ok. Vous allez dire que les stades il y en a pas. Mais c’est toujours à cause de notre médiocrité. Petit exemple : vous vivez à Rennes. Mais connaissez vous l’histoire de ce club?

Tout commence en 1901, précisément le 10 mai. Des anciens étudiants créent le stade Rennais, un club où sont pratiqués le football et l’athlétisme. Le travail et l’énergie font en sorte que le club participe aux compétitions et se fait respecté. En 1912, leur terrain de jeu est inauguré au nom de stade de la route de Lorient. Ce n’est que dernièrement en 2015 je crois, qu’il prend le nom de Roazhon Park. Dès lors il a connu 4 grandes rénovations dont la dernière en date était en 2004. 29778 places, le 16eme du pays en terme de capacité.

Voilà des jeunes camerounais qui iront s’asseoir à Rennes et comparer Paris à Douala. Non cela ne tient pas. Vous devez mouiller le maillot. Lorsque je quittais le Canada en 2015 pour le Cameroun. Certains camarades voulaient battre sur moi. “Tu es trop bête” m’avait dit un autre. Effectivement il avait raison. Car, je ne suis pas financièrement mieux que lui aujourd’hui.

En revanche, chaque jour que je sors de chez moi, j’ai la profonde sensation de vivre quelque chose d’unique et de magnifiques.

Je partage le qoutidien des benskineur, des maçons, des pousseurs. Je mange avec les chargeurs, je fais les mêmes tontines avec des gens qui font une semaine pour avoir 10000 FCFA. Je résoud les problèmes des centaines de jeunes qoutidienement. Ils veulent monter une affaire, ils veulent organiser leur personnel, il veulent redéfinir leur stratégie marketing. À la fin ils me demandent je te paie combien. Je leur réponds donne ce que tu as. Il te tend un 20.000. tu prends et l’emmènes lui donner une bonne kadji, actuellement en rupture de stock.

Donc il avait raison. Sauf qu’il avait oublié que je n’aime pas le champagne. À la limite je dors sans boire de l’eau. Beaucoup m’avaient dit, “César tu reviendras après 1 an.” J’ai répondu je pars d’abord. Ce qu’ils ne savaient pas. C’est que mon bilan je le ferai en 2030. Je m’étais donné 15 ans pour faire mon premier bilan. Car je savais que ça devait être rude. Très rude même. Mais il le faut.

Respirez un peu: il ne faut pas mal me comprendre. Je respecte les décisions des gens. Tout être doit choisir en toute liberté où il doit vivre. Je veux que vous soyez ici avec mon ami Fotsing Nzodjou II. Mais vous êtes libres. Si c’est trop de sacrifices ne le faites pas. Cependant, de grâce, au lieu de continuer à nous dire comment les blancs nous ont tourmentés, svp, devenez riche là-bas et créer des gros lobbying pour délocaliser certaines grandes industries de pointe comme l’aviation, l’automobile, le générique, les OGM, l’intelligence artificielle, la 3D et autres.

PS: la photo ci dessous. C’est mon voisin indien qui recycle les objets en plastique. Il ne parle pas français. Il y a un anglais bizarre qu’il bricole là. Mais ils sont quand même là. Ils ont trouvé des camerounais qui parlent quelques langues de l’Inde. Sachez que beaucoup de camerounais apprennent de plus en plus le chinois. Vous viendrez demain vous plaindre de la colonisation chinoise. C’est à ce moment que je vais vous répondre comme Malhox: “mouf ta maman” Bap… Tu as fais quoi les gens ont vu?

César Tchoffo: contributeur de lewouri.info
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