Home IDEES Cameroun: Où sont passées nos facultés de nous révolter et de nous...

Cameroun: Où sont passées nos facultés de nous révolter et de nous indigner ?

97
0

D’UNE CERTAINE VÉRITÉ, D’UN CERTAIN MALAISE

Jamais de mémoire de camerounais, le tribalisme revendiqué, la détestation de l’autre et la morbide envie d’en découdre, n’ont atteint les pics de l’insoutenable comme ceux que nous voyons en ces douloureux moments qu’il nous est donné de vivre. Les fiels haineux qui dégoulinent de toutes parts sur les différents réseaux sociaux devenus par facilité non pas les”dasi baos” d’une citoyenneté responsable mais, l’exutoire de toutes les caricatures sur les tribus et la fachosphère de tous les déjantés de la République, imposent ici et maintenant qu’un autre discours sur la camerounité (si je peux me permettre le mot), soit tenu. Mais que surtout, tous ceux qui se taisent pour complaire ou font semblant de regarder ailleurs comme si pas intéressés du tout, sortent de leur inaction. Il n’est plus question face à cette déferlante nocive, de plisser simplement son nez de dégoût et de feindre la désapprobation polie. Nous sommes au fond du gouffre, tant la dérive est totale. Et par sursaut d’intelligence, il faut sauver le soldat Cameroun.

Un soldat bien malade, perclus d’innombrables contradictions et essoré de toutes part par des dirigeants d’un autre genre que les réalités du quotidien et de l’actualité ont fini par nous les dévoiler sous les traits de vulgaires pendards. On parle tant et plus des scandales financiers qui se multiplient, des méthodes ahurissantes de gouvernance mises en place. On jase jusqu’à plus soif sur toutes les dérives qui nous rivent à la médiocrité. Mais de révolte et d’actions concrètes pour inverser le cours des choses, point d’initiatives fédératrices. Ou si elles existent et osent s’exprimer, elles sont moquées et tournées en dérision. L’opposition il faut s’en plaindre,se fait la guerre.

La république n’a de République que le nom. Preuve s’il en est que la citoyenneté n’a guère été construite au cœur de la mosaïque d’ethnies et des identités que l’aventure coloniale a configuré dans un tracé géographique aujourd’hui appelé Cameroun. Seules semblent constituer pour la virtualité de cette république, les flonflons patriotiques agités à tout bout de champ et le fétichisme rattaché à quelques emblèmes nationaux comme si le Cameroun des peuples n’avait pas plus d’importance.Un peuple organisé, soucieux de la construction de son avenir, peut-il se permettre le laxisme dont nous faisons montre face aux spoliations en cours, aux compromissions des atouts de son développement et aux dévoiement global des intelligences ?

La dernière élection présidentielle, riche d’idées nouvelles, de programmes novateurs et osés dans leur structuration, n’a pas semblé éveiller la conscience du peuple sur l’impérieuse nécessité de donner au changement sa chance.. Bien au contraire ! Cette échéance qui arrivait au moment où nos malheurs se décuplent, a plutôt suscité un curieux repli identitaire, chaque groupe ethnique (du moins les plus en vue) entrevoyant le changement à travers son représentant. Le candidat transversal, capable de capter la sympathie des autres n’existant pas ou plutôt nié dans cette posture-là. Bien sûr qu’on soutiendra que par égoïsme d’ensemble, aucun d’eux n’a véritablement joué le jeu de la candidature unique. Cette belle chimère qu’il faut arrêter de faire prospérer. La vérité étant qu’elle n’existera jamais dans un contexte où le pouvoir n’est pas perçu comme une simple prérogative d’organisation de la cité pouvant échoir à quiconque offre la bonne alternative, mais comme un instrument de domination disons plutôt d’affirmation et de consécration non dite de la suprématie d’une ethnie sur les autres.

Et nous voilà babas, gros jean comme devant face à notre inconséquence. Nos enfants commencent à nous demander face aux impasses qui se multiplient, comment ce régime réussit le tour de force de se maintenir ? Où sont passées nos facultés de nous révolter et de nous indigner ? Nous n’avons pour réponse que des murmures indéchiffrables.Oui nous sommes lâches et pire, veules. Ce n’est pas beau à dire. Des crypto-légalistes diront que je viens de faire un appel à la révolte. Eh bien tant mieux.

Célestin Biake

Profitez d’une base de données de plus de 2 2 000 visiteurs et:

Augmentez votre visibilité à l’échelle nationale et internationale

Menez vos campagnes    sur internet, le plus grand réseau de communication

Booster vos affaires

Publiez vos annonces à partir de 5 000 FCFA

Contact: 000 237 698 11 70 14 /672 47 11 29

Mail : contact@lewouri.info

Facebook Comments

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here