Michelle Bachelet, après sa visite de quatre jours  au Cameroun surfe sur l’option du dialogue comme voie de sortie de crise liée à la situation sociopolitique actuelle.

D’après le rapport des Nations unies rendu public hier (lundi, 6 mai 2019), la Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme soutient que la seule démarche de résolution de la crise sociopolitique qui perdure dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest Cameroun consiste à engager un dialogue, y compris une analyse approfondie des causes des troubles.

Michelle Bachelet exhorte, en effet, toutes les parties, y compris le gouvernement, à faire un effort pour mettre un terme aux combats et à amorcer les pourparlers de paix. La Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a, dans la même veine, exprimé sa préoccupation auprès du gouvernement concernant la réduction de l’espace civique au Cameroun, notant que certaines organisations de la société civile, des leaders religieux, des chefs politiques de l’opposition et des diplomates rencontrés avaient décrit comment certains droits et libertés, notamment ceux d’associations et de réunions pacifiques avaient été érodés ces derniers mois. Les défenseurs des droits de l’homme ont expliqué qu’ils avaient été harcelés par la police et de nombreux interlocuteurs du Haut commissaire ont soulevé la question de l’arrestation du principal leader de l’opposition camerounaise, Maurice Kamto, et plus de 150 de ses partisans.

Michelle Bachelet a relevé, dans la même veine, toutes ces questions, les présentés au gouvernement camerounais et l’a encouragé à mettre fin à la pratique des civils devant les tribunaux militaires. “Il est urgent, explique la représentante des Nations unies, de changer d’approche à l’égard des politiciens dissidents et des membres critiques de la société civile, ainsi que de faire des gestes importants pour rétablir la confiance”. Il est, dans le même sillage, proposé au gouvernement, aux partis politiques de l’opposition, aux chefs religieux, aux organisations de la société civile et à la communauté internationale de travailler, tous ensemble, à l’apport d’une contribution à la recherche de la paix et à la discussion autour des options ouvertes et libres pour régler la situation sociopolitique actuelle.

En outre, il est noté, dans ce rapport, que l’accueil et la volonté de coopérer manifestée par le gouvernement, lors de cette récente visite, pourraient participer à ouvrir une brèche à une action commune efficace pour aider le Cameroun à traverser cette période très difficile. La représentante ds Nations unies promet, d’ailleurs, que son bureau, y compris le personnel régional au Cameroun, fera tout ce qui est à son pouvoir pour aider le gouvernement à trouver des solutions viables de sorte que, avec la participation accrue d’autres entités des Nations unies et l’appui d’autres gouvernements, qu’il puisse œuvrer, de manière collégiale, pour le rétablissement de la paix et de la sécurité et pour la création d’un espace pour le développement effectif de la population partout au Cameroun. “Les enjeux sont importants pas seulement pour le Cameroun, mais pour toute la région“, conclut le rapport des Nations unies.

Un texte de Serge Aimé Bikoi

 

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