Des contacts ont lieu à l’étranger sous l’égide notamment de la Suisse, entre les représentants des mouvements indépendantistes de la partie anglophone et les autorités camerounaises pour préparer des futures négociations de paix entre les deux parties.

Au Cameroun, le Premier Ministre, Chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute mène aussi des consultations en vue de préparer un dialogue national que beaucoup souhaite inclusif, pour résoudre les problèmes auxquels le pays est confronté, et particulièrement la crise sociopolitique et sécuritaire qui secoue les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis bientôt trois ans.

Plusieurs observateurs soutiennent que l’une des causes profondes du malaise anglophone est le changement de la forme fédérale du Cameroun instaurée le 1er octobre 1961, à la réunification des deux anciens territoires administrés par la Grande Bretagne et la France.

C’est donc depuis l’instauration de la forme unitaire de l’Etat le 20 mai 1972, à la suite d’un référendum organisé dans un contexte de monolithisme politique, que le problème anglophone a véritablement commencé à prendre s’enraciner.
Certains analystes affirment que ce référendum violait des accords de Foumban qui avaient donné naissance à la réunification des Cameroun anglophone et francophone.

C’est pourquoi des mouvements séparatistes perçoivent dans des pourparlers de paix à venir avec le gouvernement camerounais, une sorte de renégociation des accords de Foumban de 1961.D’autres observateurs affirment déjà que le retour au fédéralisme devrait être un bon compromis pour tous.
Si cette hypothèse de plus en plus plausible prospère, il faudra indubitablement s’attendre à d’importants bouleversements au plan institutionnel au delà du nombre d’Etats fédérés qu’il faudra arrêter.

Un retour au fédéralisme devrait avoir des conséquences sur le drapeau national, le jour de la célébration de la fête nationale, la dévolution du pouvoir et le partage des postes de responsabilité entre francophones et anglophones au sein de l’administration centrale.

Des parlements et gouvernements régionaux ou provinciaux devront également voir le jour, pour ne citer que ces exemples.
L’option du fédéralisme aura tout de même de nombreux avantages, même si elle comporte des risques.

La mise sur pied d’un système fédéral empêchera dans le contexte actuel la partition du Cameroun en coupant l’herbe sous les pieds des sécessionnistes, et permettra d’associer le plus grand nombre à la gestion de la chose publique à travers la multiplication des centres de décision. Ainsi, certains problèmes qui encombrent le centre seront traités à la périphérie.
En tout cas, l’actuelle forme unitaire « décentralisée » de l’Etat du Cameroun semble avoir atteint son seuil de saturation, et on ne voit pas comment on pourrait la conserver tout en résolvant la crise anglophone dont elle est fondamentalement à l’origine.

Eric Boniface Tchouakeu

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