Home / AFRIQUE / Cameroun : Azebaze Temgoua Gérome, un homosexuel en souffrance

Cameroun : Azebaze Temgoua Gérome, un homosexuel en souffrance

Victime  tout aussi, de la crise anglophone qui secours les  régions  nord-ouest et sud-ouest du pays  de Paul Biya, depuis 2016, ce camerounais de 36 ans a quitté   le pays d’abord pour le Nigeria ensuite pour la France, craignant pour sa vie et ses choix sexuels. 

Au Cameroun, la crise anglophone ne cesse de faire des victimes au fur et à mesure que les jours passent,  la situation va  de mal en pire,  au détriment de la population locale, qui sont  obligés de se déplacer soit dans les pays voisins, soit dans les autres villes du pays. Tel est le cas du jeune camerounais de 36 ans, Azebaze Temgoua Gérôme, actuellement du côté de la Rochelle en France. Son histoire suscite émoi et consternation du fait qu’il soit une personne homosexuelle.

C’est le 7 avril 1982, qu’Azebaze Temgoua Gérome, voit le jour à Douala, la capitale économique du Cameroun. Il y mène une enfance paisible jusqu’en mai 2017 ou tout bascule. En effet,  à cause son penchant sexuel (homosexuel), il est au quotidien stigmatisé non seulement pas les membres de sa famille, mais aussi les habitants de son quartier, qui au quotidien lui profèrent des menaces,   le traite de « sale pédé » (terme qui désigne les personnes LGBTI au Cameroun). C’est ainsi  qu’un soir du  6 mai 2017, il quitte Douala pour rejoindre son compagnon à Kumba une ville du Sud-ouest Cameroun en proie à la crise anglophone.

A Kumba, l’idylle et Gérôme et son compagnon Eknow Julius malgré le climat de crise se passe à merveille, jusqu’à ce que le pire arrive : « Tout se passait bien jusqu’au jour où l’armée camerounaise a attaqué notre  quartier dans lequel je vivais à Kumba avait mon compagnon. C’était le matin aux environs de 5h 30 minutes. J’avais laissé mon compagnon dans la chambre pour aller prendre une douche derrière la maisonnée. C’est pendant cette manœuvre que j’ai entendu, les tirs  des forces de l’ordre et des personnes chez nous, je me suis abrité derrière un grand trou à ordures derrière notre maison jusqu’au départ de l’armée », raconte Azebaze Temgoua Gérôme, visiblement encore sous le choc.  Après cette action militaire, Gérôme apprend que son compagnon était l’un des membres du groupe sécessionniste ambazonien, « moi je ne savais pas », s’exclame ce dernier.

Eknow Julius, le compagnon de Gérôme est donc enlevé par l’armée camerounaise vers une destination inconnue, « après la sortie de ma cachette les habitants du quartier m’ont informé que moi également je suis recherché par l’armée.  Traumatisés certains habitants et moi avions pris la route pour Mamfé,  une autre localité de la région du sud-ouest Cameroun afin de rejoindre le Nigéria », narre Gérôme.  C’est donc lors de se périple nigérian que craignant des représailles  Azebaze Temgoua Gérome a migré pour  la France.

Au Cameroun,  à partir de fin 2016, une crise s’est déclarée  dans la région anglophone (Nord-ouest et Sud-ouest), pour défendre des intérêts de certains anglophones, les milices et les groupe armés ont vu le jour. On compte au moins cinq groupes donc le principal est l’Ambazoni defense force (Adf). Ses membres harcèlent l’armée camerounaise, s’attaquent à la population faisant des morts, difficile de résister dans un tel système surtout quand on est homosexuel. Car à cause de la loi répressive, du code pénal (article 347) les homosexuelles victimes de violences au sein de leur communauté n’ont pas recours à la justice. Cet article 347 indique que : « toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe, est puni d’un emprisonnement de six à cinq ans et d’une amende de 20.000 à 200.000 francs », difficile donc pour une personne homosexuelle de déposer une plainte.

Beauflis Danleu: lewouri.info

Facebook Comments

About Lewouri Info

Le Wouri Info Tel : (+237) 698 11 70 14

Check Also

Frontière Cameroun-Rca : des rebelles sèment la terreur

Selon nos confrères du journal Mutations, l’on enregistre une insécurité grandissante dans cette zone frontalière. …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *