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Bruno Deffo : « nous allons faire un sit-in à Etoudi, pour la libération de Kamto et cie »

 Le président national du Modecna, revient dans cette grande interview accordée à lewouri.info votre journal en ligne sur les conditions de son arrestation le 1er juin dernier à Douala. Il jette aussi un regard critique sur les conditions de détentions dans les prisons au Cameroun. Il annonce dans les prochains jours des actions fortes pour la libération des prisonniers politiques.

 Vous êtes le président national du Mouvement démocratique de conscience nationale (Modecna). Votre parti se porte-t-il bien en ce moment ?

Le Modecna se porte bien et se développe bien. Cela est vrai avec nos activités partout dans le Cameroun. Plus que jamais notre parti se positionne comme le porte étendard de la défense des causes perdues. Quelle est votre lecture de la situation sociopolitique du Cameroun en ce moment ? Notre pays traverse les moments les plus tristes de son histoire. Il y a de cela 37 ans, c’est-à-dire, en 1982, lorsqu’un camerounais prenait la parole sur la scène internationale sa voix faisait écho. Aujourd’hui, c’est un fait que cette image est en chute libre. Ceci à cause de la mauvaise gouvernance. Les camerounais sont dans un bourbier total, et par conséquent doivent prendre leur destin en main.

Votre parti s’est allié au Mrc pour les élections présidentielles et les autres échéances électorales avenirs. C’est dans ce cadre que vous avez participé à la marche blanche le 1er dernier, marche au cours de laquelle vous avez été interpellé, pouvez nous relater les circonstances de votre arrestation?

Effectivement nous avons marché le 1er juin dernier dans le cadre des marches blanches. Nous avions débuté les hostilités au marché central de Douala. Après avoir fait le tour du marché, nous avons pris la direction de deux églises. A mis chemin, nous avons été stoppés par une voiture de la police (Gmi). Les policiers nous ont atomisé avec les bombes lacrymogènes. Ils nous ont brutalisés d’une manière assez sauvage. Nous avons été conduits au commissariat du troisième arrondissement, une fois dans la cours, un policier a arraché de ma main le drapeau que je portais. Nous avons été par la suite conduits à la police judiciaire à Bonanjo. A mis chemin, les policiers nous proféraient des menaces avec des termes assez dures : vous allez voir, on va vous montrez“. Cela m’a un peu éberlué.

Une fois à la police judiciaire, nous avons jetés au sol comme des malpropres. Les téléphones arrachés. Les tortures ont commencé, avec des bastonnades et les gifles. Nous avons été amenés à l’intérieur pour être entendu. Après audition ils ont écrit sur le procès verbal trouble à l’ordre public. A chaque fois, les policiers nous posaient la question de savoir : pourquoi vous marchez pour Kamto ? Nous leur avons répondu, nous ne marchons pas pour Kamto, mais pour nous parce que le pays se porte mal. Après le procès verbal, nous avons été conduits en cellule. Les policiers ont dit qu’ils vont nous envoyer au Kossovo.

Le Kossovo dans la cellule de la police judiciaire du Littoral est le coin le plus sale, le plus pourri, les murs sont crasseux résultat des sieurs issus des multiples transpirations des précédents détenus. Au Kossovo de la police judiciaire du littoral, les excréments sont collés sur les murs. Le sol en gravier, vous laisse les piquants comme une aiguille. C’est effectivement sur ce sol que nous avons passé la nuit. Nous avons été déshabillés restant seulement avec le caleçon avant notre entrée au Kossovo. Dans cette cellule de Kossovo, il y a un jeune dont les deux pieds amputés étaient en état de décomposition avancée. L’odeur de ses plaies faisait en sorte que tout le monde s’isolait dans un petit coin. La  plupart d’entre nous avions attrapé la conjonctivite, les infections internes. Nous sommes restés dans la cellule de Kossovo pendant six jours.

J’interpelle le directeur de la police judiciaire qui est à Yaoundé et le responsable de la police judiciaire de Douala. Ils doivent changer cette situation. J’invite les magistrats procureur de la république, juge à faire un tour dans toutes les cellules de la police judiciaire.

Avec du recul aujourd’hui, regrettez-vous votre action ?

Non loin de là. Quand les fonctionnaires détournent 6 mille milliards en 4 ans, pour aller dans le sens du tribunal criminel spécial, vous pensez que je peux regretter mon action ?

Pour faire simple mon envie de manifester va grandissant chaque jour.

Transférer à la prison centrale de new-bell, vous avez un regard triste sur les conditions de détention des prisonniers au Cameroun?

Oui. Nous avons été détenus dans les conditions totalement inhumaines. Dès notre arrivée à la prison centrale de New-bell, j’ai demandé au gardien de prison qu’est ce qu’on vient faire ici, ce dernier m’a répondu que nous sommes en garde à vue administrative. Après, le régisseur nous a reçu et nous a donné les consignes de la prison. Nous avons été chacun conduit dans sa cellule. Deux jours après on nous a enregistrés. Dans la fiche de notre enregistrement, était marqué comme motif:” grand banditisme“. Nous avons dit que nous ne signons rien et que nous ne mettrons pas nos empreintes dessus.

Le régisseur a donc rayé ce motif. Ensuite, on a l’identifié chacun d’entre nous. A new-bell, nous n’avons pas droit au repas de la prison. Tout ce que nous pouvons manger venaient de l’extérieur. Je vous assure que nous étions dans un camp de concentration qui ne dit pas son nom. Imaginez une prison construite depuis plus de 50 ans pour 800 détenus mais qui à ce jour en accueille près de 4500. On vit de manière étouffé. Au moment de dormir, les prisonniers s’asseyent les uns sur les autres dans les cellules. Il y a plus de 200 personnes qui dorment dans la cour. Des jeunes garçons se livrent à l’homosexualité pour avoir de quoi manger.

Je demande à tous les Camerounais qui seront arrêtés dans les manifestations au Cameroun, qui prennent la peine de relever, le nom de la personne que les arrête, qui les torture. A chaque fois qu’on l’interroge il doit dire qu’il a été maltraité.

Que pensez-vous des actions de la brigade anti-sardinards ces derniers jours notamment à Genève ?

Le BAS que les gens de mauvaise foi assimilent à des terroristes, est semblable aux sécessionnistes, sauf qu’elle ne porte pas des armes. Elle manifeste à mains nues. C’est la résultante de la mal gouvernance qui a hypothéqué la vie des camerounais.

Maurice Kamto et ses alliés sont toujours en prison, des actions concrètes dans les prochains jours pour leur libération ?

En plus des marches blanches, nous allons faire un sit-in à Etoudi, pour la libération de Kamto et cie. Ce sit-in est aussi valable pour les prisonniers anglophones.

Entretien mené par Armand-Rodolphe Djaleu: lewouri.info

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