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Abats l’embastillement et l’embrigadement des Hommes de médias au Cameroun

Après avoir présenté une nomenclatura des faits liés au compte-rendu du contentieux opposant Mimi Mefo aux autorités répressives, il est, d’ores et déjà, question de faire, ce que Alain Touraine, Sociologue actionnaliste, appelle une “auto-critique épistémologique” en tant que journaliste du contexte autoritariste dont les confrères sont victimes ces derniers jours au Cameroun.

Il s’agit, en effet, d’une remise en cause personnelle de ce qui se passe depuis le déroulement de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018. En un mot, parlons peu parlons vrai, c’est une introspection individuelle et collective! Il est impératif, pour tout acteur social, d’y penser fût-il Homme politique, entrepreneur social, journaliste, universitaire ou religieux. Les temps sont mauvais.

L’emprisonnement de Mimi Mefo, ce mercredi, 7 novembre 2018, à 23h dans un milieu carcéral est une ignominie pour l’Etat policier, qui renaît de ses cendres au lendemain du scrutin présidentiel. Il apparaît, sans conteste, une espèce de chape de plomb, mieux une épée de Damoclès suspendue sur la ciboule des journalistes-hommes et femmes-.

Josiane Kouagheu, journaliste et correspondante de l’Agence “Reuters”, Mathias Mouende Ngamo, reporter au quotidien “Le Jour” Joseph Olinga, chef d’agence régionale du quotidien “Le Messager” pour l’Ouest, Michel Biem Tong, cyber journaliste et Dp de “Hurinews”, Gustave Flaubert Kengne, Dp de “Orientation hebdo”, Michel Kalabassou, Dp de “L’aigle du Sahel” sont des confrères ayant été opprimés, ces dernières semaines, alors qu’ils étaient en posture d’exercice du métier de journaliste pour la quasi-totalité.

Tel que le scénario de la construction de l’environnement de terreur et de la peur est diligenté et opérationnalisé depuis un mois jour pour jour, il apparaît, manifestement, que l’Etat autoritariste s’emploie, tous azimuts, à intimider, à opprimer, à torturer et à tuer les journalistes, diffuseurs de la réalité factuelle ambiante. Il n’est pas exclu que Serge Aimé Bikoi soit, lui aussi, en butte, dans les prochains jours, à des turpitudes d’un tel acabit. Puisque, bien entendu, tout peut arriver. Comme disent les Philosophes, tout coule!

N’importe quelle contingence peut affecter quiconque exerce la profession de journaliste en ce moment, car les “appareils répressifs”, expression de l’Etat, expression de Louis Althusser sont dans une logique de terroriser toute personne qui lèvera la tête dans l’optique se mettre en porte à faux ou de se situer aux antipodes des autorités administrative et sécuritaire. De toute évidence, il n’est pas possible, à l’état actuel, de garder mutisme face à ces formes de disqualifications, de minoration, de sous-évaluation et de discrimination auxquelles des journalistes sont confrontés, désormais, au quotidien. Se taire, en réalité, c’est se rendre complice des maux, des tares, des avatars et des scories et apories du système en place décadent et déliquescent.

Prendre la décision cruelle d’écrouer la rédactrice-en-chef adjoint du Desk anglais de Radio et Tv Équinoxe à 23h participe, indéniablement, d’une entorse à la liberté de la presse et d’une humiliation d’une femme dans la société camerounaise contemporaine. Quiconque sait ce que représentent les femmes dans l’architecture sociétale de par leurs fonctions plurielles.

Les statuts de femme-mère, de femme reproductrice biologique et sociale,de femme-épouse, de femme au foyer, de femme éducatrice, de femme politique, de femme instruite, de femme moderne, de femme urbaine, etc devraient interpeller les tenants du régime en place, qui, manifestement, devraient avoir honte de telles exactions. L’on dirait que nous sommes dans un Cameroun anachronique, archaïque, monolithique et fasciste, où le peuple tout entier doit subir les formes d’atrocités d’un dictateur, d’un roi, d’un prince ou d’un souverain chargé d’imposer la loi de la dictature à tout vent.

Et si l’on administre de tels traitements déshumanisants et dégradants à vos filles, à vos femmes; à vos petites-filles, que diriez-vous? Que chacun(e) fasse son introspection! A quoi sert alors l’avènement du processus de la démocratisation et de la libéralisation de la vie politique insufflé et enraciné dans l’agora depuis l’ère des années 90? Près de trente ans après, que l’on ne vous dupe pas, le Cameroun de Paul Biya a totalement régressé au regard de tout ce qui se passe depuis le 8 octobre 2018, soit un mois jour pour jour. Sont-ce là les signes précurseurs d’une fin de règne au Cameroun en dépit de la “ré-élection” du chantre du Renouveau? A chacun(e) d’en juger fort opportunément!

Quel que soit l’erratum qu’aura commis Mimi Mefo sur le champ de la médiatisation ou de la techno-médiatisation des faits sur la toile, elle ne mérite pas subir, sans scrupule et sans vergogne, des affres ou des autorités répressives tant elle doit comparaître libre devant les juges de la République. Quel est ce pays où les “vampires du Godstank”, terme emprunté à Hubert Mono Ndjana, veulent embastiller, embrigader et torpiller la conscience collective en lui imposant des formes d’oppression dignes d’un Cameroun ancestral et bolchevique?

C’est très périlleux de scénariser de telles horreurs dans un contexte où tout peut basculer à tout moment quelle que soit la nature des cas de torture psychologique et sociale que l’Etat coercitif veut ancrer dans la Psychologie des Camerounais. Faisons attention à tout ce qui se passe sur ces entrefaites!

Malgré l’existence permanente de la “révolution passive”, terminologie empruntée à Luc Sindjoun, conseiller du prince, il peut arriver des situations historiques où le peuple peut décider de prendre en main son destin pour créer toute forme de révolution sociale après s’être rendu compte qu’il en a ras-le-bol.

D’aucuns peuvent continuer à subodorer, voire à penser et à soutenir qu’il y a, certes, la crise de mobilisation sociale au Cameroun parce que le bas-peuple reste et demeure passif, moribond et ankylosé. Mais, sait-on jamais, faisons attention à tout ce qui se passe! Ce scénario de la terreur participe, sans pudeur, à ternir l’image de l’enclenchement du “septennat des grandes opportunités“, dont Paul Biya est le concepteur en chef. L’on s’aperçoit, pour ainsi dire, que la première grande opportunité est la reconstruction d’un environnement de terreur, de peur et d’horreur au Cameroun. Histoire de confiner tout Camerounais au silence. C’est pourquoi les médias à capitaux publics du Renouveau restent, curieusement, silencieux face à la pratique rétrograde qui s’est produite dans la nuit. L’on voit bien que la “tam-tam présidentiel” ne se met guère en scène face à de telles situations d’infamie. Un jour un jour…

Eu égard à cet état de choses, il est urgent d’exiger la libération de Mimi Mefo de l’enseigne carcérale, où elle croupit depuis 24h. C’est infâme! C’est crapuleux! C’est indigne! Que la haute autorité de l’Etat agisse dans les prochaines heures pour décider de la libération de Mimi Mefo! Le plutôt sera le mieux!

Le Don King
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